Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard.

Philippe Couillard rencontré par l'UPAC

Deux policiers de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont interrogé Philippe Couillard à titre de chef du Parti libéral du Québec (PLQ), mercredi, pendant 45 minutes. Son prédécesseur, Jean Charest, n'a pas encore reçu de visite du genre.
M. Couillard a rencontré la presse en milieu d'après-midi, mercredi, pour rendre public l'entretien tenu le matin même avec deux enquêteurs de l'escouade Marteau, rattachée à l'UPAC. Les policiers ne s'étaient pas annoncés et attendaient le chef libéral à la sortie de son appartement de Québec.
«Je ne suis visé par aucune enquête moi-même, a fait savoir M. Couillard. Il s'agissait de la rencontre de la personne qui occupe la fonction de chef du Parti libéral du Québec. Je réitère qu'aucun membre du caucus actuel n'a été rencontré par les escouades.»
En poste depuis mars, M. Couillard a succédé à Jean Charest, qui tenait les rênes du PLQ depuis 1997. Ce dernier a fait savoir au Soleil mercredi qu'il n'avait eu aucun entretien du genre avec les policiers de l'UPAC.
Selon M. Couillard, les questions ont porté le fonctionnement, les pratiques et l'organisation du PLQ. «Je ne peux pas en dire plus que ça, a déclaré le chef libéral. Et je ne peux surtout pas vous dire les noms des personnes qui auraient ou pas été mentionnées dans l'entretien.»
Depuis mardi, Radio-Canada soutient que les policiers en ont notamment après l'ex-vice première ministre libérale Nathalie Normandeau. 
«Je ne crois pas que le parti, comme institution, soit sous enquête, a commenté M. Couillard. Je crois que certains individus font l'objet d'un examen policier. Je ne peux pas vous dire rien de plus.» Si d'autres personnes en autorité au PLQ sont interrogées par la police, M. Couillard s'est engagé à le faire savoir.
Le chef non élu a jugé cette fois qu'il valait mieux dévoiler rapidement l'entretien avec l'UPAC par souci de «transparence». Critiqué pour son silence autour de la perquisition à la permanence libérale en juillet, M. Couillard maintient qu'il ne faut pas «banaliser» les risques de nuire à une enquête policière.
Sur un plan personnel, le chef libéral a ajouté que la rencontre de deux policiers qui sortent leurs pièces d'identité devant chez vous et demandent à vous rencontrer «n'est pas une expérience humaine agréable». «Mais quand je suis sorti de là, je me suis dit : c'est exactement pour ça que ces escouades-là ont été mises en place», a ajouté le chef libéral. Il a dit souhaiter que «la lumière soit faite sur le financement illégal de tous les partis politiques». 
Au Parti québécois, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, estime que M. Couillard doit éclaircir les raisons de la perquisition au PLQ et l'implication d'anciens élus dans l'enquête. «J'ai l'impression qu'il a de la misère à faire le ménage et à rompre avec le triste héritage de son parti, a-t-il lancé. Plus ça change, plus c'est pareil.»
Pour sa part, le député caquiste Jacques Duchesneau a félicité le chef libéral pour la transparence de sa sortie. D'après lui, M. Couillard a «donné les bonnes réponses parce que, s'il avait donné les mauvaises, je suis sûr que les policiers seraient partis avec» lui. Le caquiste voit dans la perquisition dans les locaux libéraux une suite logique à ce qui a été entendu à la commission Charbonneau. «On a aussi parlé du PQ, a-t-il noté. Il ne faudrait pas justement qu'on fasse l'autruche et penser que le problème existe uniquement du côté du PLQ», a déclaré M. Duchesneau.
Pas un hasard, selon Robert Poëti
Il ne faut pas croire que les révélations sur la perquisition à la permanence du Parti libéral du Québec à 24 heures de la rentrée parlementaire et l'interrogatoire du chef Couillard dès le lendemain sont le fruit d'une coïncidence, selon le député libéral Robert Poëti, un ex-policier de la Sûreté du Québec.
«Vous savez que j'ai travaillé avec les médias assez longtemps, a-t-il remarqué. Si les gens pensent que c'est un hasard... Ça s'est passé la veille de la rentrée parlementaire. Je vous laisse le soin d'en juger. Si on pense que ce matin [mercredi], c'est encore un hasard...»