Philippe Couillard

Philippe Couillard moins payé que son chef de cabinet

Le bras droit de Philippe Couillard, son chef de cabinet Jean-Louis Dufresne, empoche un salaire annuel plus élevé que celui de son patron.
Il n'y a pas que chez certains mandarins de l'État québécois que le talon de paie est plus élevé que celui du premier ministre. Au sein même de son personnel politique, M. Couillard n'est pas le mieux rétribué.
Le Soleil a obtenu jeudi une liste de la rémunération accordée à tous les directeurs de cabinet, lesquels sont chacun les premiers lieutenants de leur ministre respectif.
M. Dufresne, un vétéran libéral de l'époque de Robert Bourassa, touche un salaire de base de 208 887 $, presque 25 000 $ de plus que le premier ministre. Dans le cercle rapproché du cabinet Couillard, deux autres personnes touchent une rémunération de «cadres», soit la directrice adjointe Johanne Whittom, à 175 000 $, et Jean-Pascal Bernier, à 144 496 $. Le cabinet du Conseil exécutif, qui a des responsabilités horizontales, est celui dont la liste d'employés est la plus longue. Il est composé de 41 personnes.
Au bureau de M. Couillard, on insiste sur la réduction totale de la masse salariale du personnel de l'ensemble des cabinets depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir. Malgré l'ajout de deux sièges au Conseil des ministres, la facture globale est passée de 26,3 millions $ à 23,8 millions $ par année, martèle-t-on.
Il incombe au bureau du premier ministre de ventiler les sommes qui serviront à payer les employés des cabinets politiques. Les montants sont évalués sur la base de la lourdeur de la tâche des ministères.
Le ministre en titre est responsable d'embaucher son directeur de cabinet, ainsi que les conseillers et les attachés politiques pour suffire à la tâche. Mais à l'intérieur de la masse salariale de son cabinet. Un ministre qui décide de payer plus son bras droit peut avoir à rogner ailleurs sur la liste de paie.
Cette marge de manoeuvre explique la disparité entre les salaires versés aux différents chefs de cabinet à l'intérieur d'une fourchette allant de 110 000 $ à 144 496 $ annuellement.
Échelle de rémunération
Trois femmes s'inscrivent tout en bas de l'échelle de la rémunération des chefs de cabinet ministériel. Il s'agit de Daria Hobeika (110 000 $), aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Natacha Joncas Boudreau (110 000 $) à la Santé publique et de Valérie Roy (111 213 $) à l'Agriculture.
À l'échelon suivant, celui des 120 000 $ par an, seul un homme, Simon Turmel, aux Affaires autochtones, accompagne quatre femmes: Hélène Sauvageau, à la Famille, Isabelle Lord, au Développement durable, Martine Gendron, aux Mines, et Marie-France Daoust, au Développement économique régional.
La rémunération annuelle la plus souvent accordée, à six reprises, est de 125 000 $. C'est ce que reçoivent Steeve Leblanc, au Travail, Pierre Ouellet, à l'Économie, Chantal Tremblay, à la Justice, François Émond, aux Ressources naturelles, Laura Lizotte, aux Forêts, et Mathieu St-Pierre, aux Transports.
Le directeur de cabinet aux Affaires municipales, Olivier Parent, suit à 130 000 $, puis Guillaume Caudron aux Finances et Martin Massé aux Transports à 135 000 $ chacun, Marie-Ève Bédard à l'Éducation avec 137 500 $ et Pierre Milette au Tourisme avec 139 000 $.
À l'Immigration et au Conseil du trésor, Josée Guilmette et Isabelle Migneault font toutes les deux 140 000 $. Isabelle Melançon empoche 142 000 $ à la Culture, et ses collègues Stéphane Gosselin et Louise Bédard, à l'Emploi et à la Sécurité publique, reçoivent 144 000 $.
Les bras droits des ministres de la Santé et des Relations internationales, Daniel Desharnais et Jean-François Hould, sont payés 144 496 $ par année pour leur travail.
Directrice de cabinet adjointe à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, Gabrielle Collu reçoit 103 000 $.
Le salaire de base d'un député de l'Assemblée nationale est de 90 000 $ annuellement.