Le chef libéral Philippe Couillard

Philippe Couillard loin d'avoir conquis Roberval

L'élection du chef du Parti libéral du Québec dans Roberval n'est pas acquise.
Philippe Couillard lui-même reconnaît que la popularité de la charte de la laïcité du gouvernement Marois pourrait contrecarrer ses plans pour cette circonscription toute francophone du Lac-Saint-Jean. «On entend» ce point de vue, concède-t-il.
Mais, «sur le terrain», insiste-t-il, «le monde, ce dont il me parle, c'est d'emploi».
M. Couillard veut conjurer le sort auquel a paru le vouer la semaine dernière le sondeur de CROP, Youri Rivest. Ce dernier a estimé que ce sera tout un défi pour le chef libéral de se faire élire dans Roberval si le débat en précampagne électorale et durant la campagne est dominé par la charte de la laïcité du ministre Bernard Drainville.
M. Couillard le sait plus que quiconque. Voilà l'une des raisons pour lesquelles il martèle que le projet de loi 60 est un faux débat. Il fait valoir la nécessité qu'il y a à ramener les questions économiques et celles liées aux finances publiques à l'avant-plan de l'actualité politique.
Les députés libéraux réunis pendant deux jours en caucus à Saint-Félicien savent aussi que le résultat de leur parti au prochain scrutin général en dépend. Ils en ont discuté derrière des portes closes.
L'élan des PME
En réponse aux questions des journalistes, mercredi, Philippe Couillard a répété que le bannissement des signes religieux ostentatoires dans les entités de l'État québécois nuira à l'immigration de jeunes familles au Québec, ainsi qu'aux investissements d'entreprises étrangères sur le territoire québécois.
Mais il a voulu mettre l'accent sur un plan de développement et de croissance des PME québécoises. Elles sont pénalisées par «une taxation excessive», a-t-il souligné.
Un gouvernement libéral réduirait la taxe sur la masse salariale des nouveaux employés embauchés par les PME. Il ramènerait la taxe sur les bénéfices des petites et moyennes entreprises, actuellement de 8 %, à la moyenne canadienne qui tourne autour de 4,5 %.
Il a déploré la paperasse et la bureaucratie que doivent affronter les entreprises. «Il faut les accompagner plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues», a-t-il dit.
Le chef de l'opposition officielle réclame que le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, présente le budget 2014-2015 autour de la fin février, et non pas à la fin avril. Il n'est cependant pas prêt pour autant à soumettre au Parlement une motion de censure susceptible de faire tomber le gouvernement Marois s'il n'obtient pas satisfaction.
La circonscription de Roberval est détenue par le péquiste Denis Trottier.
La place qu'occuperont les révélations de la commission Charbonneau durant la prochaine campagne électorale est aussi un facteur qui pourrait redistribuer les cartes, avait rappelé le sondeur Youri Rivest la semaine dernière.