Peter MacKay a lancé sa campagne pour la direction du Parti conservateur du Canada au Musée de l'Industrie, à Sterllarton, en Nouvelle-Écosse, devant plus de 200 partisans.
Peter MacKay a lancé sa campagne pour la direction du Parti conservateur du Canada au Musée de l'Industrie, à Sterllarton, en Nouvelle-Écosse, devant plus de 200 partisans.

Peter MacKay lance sa campagne en vue de succéder à Andrew Scheer

STELLARTON, N.-É. — L'ancien ministre fédéral Peter MacKay a lancé samedi sa campagne en vue de succéder à Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur.

M. MacKay a procédé à son lancement au Musée de l'Industrie, à Sterllarton, en Nouvelle-Écosse, devant plus de 200 partisans brandissant des affiches à son nom. Un drapeau canadien avait été installé derrière lui.

Il a dit qu'il revenait sur la scène politique fédérale de faire échec à l'actuel gouvernement libéral qui, selon lui, mène la vie trop dure aux Canadiens, ajoutant qu'il ne veut pas demeurer sur la ligne de touche en espérant la venue d'un autre sauveur.

«Je veux apporter ma contribution pour unir le pays. Je veux mettre la main à la pâte afin d'aider à bâtir une meilleure vie pour nous tous», a-t-il déclaré au cours de son discours au d'une durée de 23 minutes.

Il a aussi tendu la main aux Québécois.

«Je suis ici pour vous parler d'espoir, l'espoir d'élire un gouvernement national qui partage vos valeurs québécoises, qui respecte vos compétences et qui est fier de la place du Québec en tant que nation au sein du Canada», a-t-il dit en français.

M. MacKay a aussi mis de l'avant son expérience à titre de ministre de la Défense et souligné la nécessité de faire preuve de leadership pour définir la place du Canada dans le monde.

Le nouveau candidat n'a pu s'empêcher de s'en prendre au premier ministre libéral Justin Trudeau.

«Les Canadiens en ont assez d'une diplomatie de façade qui ne produit aucun résultat», a-t-il déclaré.

Il refuse aussi de jeter aux oubliettes du passé les scandales ayant frappé le gouvernement Trudeau. «La concentration des pouvoirs au sein du cabinet du premier ministre a dressé un obstacle à la Justice. Les Canadiens ont été trahis. Cette concentration a seulement profité à ceux qui sont proches du premier ministre et de ses acolytes. Les libéraux ont brisé la confiance des Canadiens. Permettez-moi d'être clair et net: il faudra mériter leur confiance pour gouverner tous les Canadiens.»

Peter MacKay dirigeait le Parti progressiste-conservateur lorsque cette formation s'est unie à l'Alliance canadienne en 2003 pour fonder le Parti conservateur canadien et regrouper les forces de droite au pays. Il a ensuite occupé divers ministères au sein du gouvernement Harper.

Il a rappelé la nécessité pour la droite de présenter un front uni contre ses adversaires. «Je veux jouer mon rôle pour unir la famille conservatrice autour d'une même table. Tous les conservateurs appartiennent à notre parti. Tous auront leurs mots à dire et une place autour de la table», a-t-il dit.

M. MacKay a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Il s'était retiré de la vie politique avant les élections de 2015 qui avaient porté les libéraux de Justin Trudeau au pouvoir.

Le député fédéral de la circonscription de Durham, en Ontario, Erin O'Toole, devrait lui aussi se lancer dans la course dès lundi.

Plusieurs autres personnalités qui auraient sûrement pris leur place parmi les favoris ont renoncé à se présenter, dont le porte-parole du parti en matière de finances, Pierre Poilievre, l'ancienne chef intérimaire Rona Ambrose et l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

+

LISTE DES CANDIDATS DÉCLARÉS ET DES PRÉTENDANTS À LA DIRECTION DES CONSERVATEURS

Les candidats déclarés

  • Richard Décarie: adjoint au Québec de l’ancien chef Stephen Harper, lorsqu’il était dans l’opposition
  • Marilyn Gladu: députée de Sarnia-Lambton, en Ontario; ingénieure de profession
  • Peter MacKay: ancien chef du Parti progressiste-conservateur, ex-ministre et ancien député en Nouvelle-Écosse; il vit actuellement à Toronto
  • Rick Peterson: homme d’affaires de l’Alberta, candidat à la direction en 2017
  • Aron Seal: ancien directeur des politiques pour deux ministres conservateurs
  • Bobby Singh: entrepreneur, candidat défait aux élections de 2019 dans Scarborough-Rouge Park, en Ontario
  • Derek Sloan: élu pour la première fois aux Communes en 2019, dans Hastings-Lennox et Addington, en Ontario.

Ceux qui songent à se lancer:

  • Michael Chong: ancien ministre conservateur et actuel député de Wellington-Halton Hills, en Ontario; il avait tenté sa chance à la chefferie en 2017
  • Michelle Rempel Garner: actuelle députée de Calgary Nose Hill, en Alberta
  • Vincent Guzzo: propriétaire d’une chaîne de cinémas au Québec et vedette de la version anglaise de la téléréalité «Dans l’oeil du dragon»
  • Rudy Husny: homme d’affaires, militant conservateur de longue date au Québec
  • Erin O’Toole: ancien ministre conservateur et actuel député de Durham, près de Toronto; il avait tenté sa chance à la chefferie en 2017.

+

FRAIS DE SCOLARITÉ DE SES ENFANTS: UN DOSSIER À INTERNE, DIT SCHEER

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer estime que la façon dont il a utilisé les fonds du parti pour payer ses dépenses personnelles constitue une affaire interne et qu’il ne dévoilera aucun détail à ce sujet.

Des révélations selon lesquelles M. Scheer utilisait l’argent des donateurs conservateurs pour payer les frais de scolarité de ses enfants dans des écoles privées ont été rendues publiques lorsqu’il a annoncé sa décision de démissionner de son poste de chef en décembre.

Répondant samedi aux questions des journalistes, une première fois depuis l’annonce de sa démission, il a déclaré qu’il existait des mécanismes régulateurs des dépenses dans le parti et qu’il n’a rien de plus à ajouter.

M. Scheer a également soutenu qu’un rapport qu’il avait commandé sur les raisons de la défaite de sa formation politique lors des élections fédérales de 2019 n’est partiellement plus pertinent à présent, étant donné qu’il y est souvent pointé du doigt.

Pourtant, M. Scheer a dit avoir l’intention de passer ses six prochains mois à jeter les bases afin d’apporter des changements dans la structure du parti pour que le prochain chef soit bien outillé pour vaincre les libéraux.

M. Scheer rencontrait samedi des députés et des sénateurs conservateurs à Ottawa afin de planifier une stratégie en vue de leur retour de la Chambre des communes lundi. La Presse canadienne