En mêlée de presse mercredi matin, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a renchéri.

Péréquation: l’Alberta fait de la «politique», selon Girard

Le gouvernement Legault accuse l’Alberta de faire de la politique dans le débat sur la péréquation.

Le premier ministre Jason Kenney menace de cesser de verser des milliards de dollars au régime fédéral de péréquation si le Québec n’autorise pas le passage de nouveaux oléoducs sur son territoire, en vue d’exporter le pétrole albertain. Or François Legault a déjà affirmé qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale au Québec pour un pipeline qui exporterait du «pétrole sale».

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

Au cours des derniers jours, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont rabroué M. Kenney. En mêlée de presse mercredi matin, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a renchéri.

Il a tenu à défaire l’argumentaire de l’Alberta et voit dans la sortie de M. Kenney un simple calcul de politique partisane.

«Dans les faits, c’est de la politique, il n’y a aucun lien entre l’oléoduc et la péréquation. La péréquation est un programme fédéral auquel nous contribuons.»

En outre, il a rappelé que parmi les cinq provinces bénéficiaires de la péréquation, le Québec est celle qui reçoit le moins de péréquation par habitant.

François Legault et Jason Kenney ont croisé le fer le week-end dernier sur la question de la péréquation. Le premier ministre caquiste a affirmé que le Québec avait droit à la péréquation, que cela faisait partie des conditions d’adhésion à la Confédération, et que l’Alberta ne peut changer cette disposition de la Constitution unilatéralement.

De son côté, M. Kenney a menacé de tenir un référendum en 2021 pour ne plus contribuer à la péréquation, si la formule actuelle n’est pas révisée. Il a corrigé M. Legault en précisant que le principe de la péréquation avait été inscrit dans la Constitution en 1957, pas en 1867.

De son côté, Justin Trudeau a rappelé que M. Kenney, autrefois, était membre du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a mis en place la formule actuelle de péréquation.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l’Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.