Le pape François en compagnie de prêtres nouvellement ordonnés à la basilique Saint-Pierre de Rome, dimanche.

Pensionnats autochtones: déçu des évêques, le NPD en appelle au pape François

OTTAWA - Le Parlement canadien pourrait choisir de contourner les évêques catholiques du pays et demander directement au pape des excuses pour les pensionnats autochtones.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) utilisera sa journée d’opposition, jeudi, pour débattre une motion en ce sens, motion qui sera soumise au vote aux Communes la semaine prochaine. Étant donné les derniers gestes posés dans ce dossier, on peut croire que la motion récoltera suffisamment de votes pour être adoptée.

La semaine dernière, libéraux et néo-démocrates ont voulu que la Chambre adopte unanimement et sans débat une motion qui demandait à la Conférence des évêques catholiques d’intercéder auprès du pape François. Un député conservateur s’est opposé à l’initiative.

Le NPD revient donc à la charge, mais cette fois de manière plus formelle. Un avis de motion a été donné. Impossible donc d’éviter le débat et le vote. Et cette fois, la motion ne s’adresse pas aux évêques, mais au pape.

Le député Charlie Angus qui est à l’origine de l’effort dit qu’il a été surpris du refus des évêques, exprimé à nouveau la semaine dernière, de transmettre la demande d’excuses.

Quant à l’argument de certains conservateurs qu’il n’appartient pas à l’État de donner des ordres à l’Église, le député rappelle qu’État et Église ont travaillé main dans la main pour créer le système de pensionnats qualifié aujourd’hui de génocide culturel. Il souligne l’ironie de se réclamer maintenant du principe de la séparation entre l’Église et l’État pour éviter de présenter des excuses.

Et s’il a été déçu par les évêques, le député ne doute pas du pape. «Nous avons pleinement, pleinement, pleinement confiance que le pape François va comprendre et voudra répondre à la demande», a-t-il dit pendant le point de presse où il annonçait le dépôt de la nouvelle motion.

«Je pense qu’une invitation formelle du Parlement canadien, du peuple canadien, aidera à fermer ce chapitre», a-t-il conclu.

La manoeuvre mettra également en lumière la division des élus conservateurs sur cette question. La semaine dernière, certains d’entre eux avaient signifié leur appui pour la motion avortée.