Le député de Beauce-Sud, Paul Busque, pourra se présenter sous la bannière libérale aux prochaines élections, et non comme indépendant.

Paul Busque réintègre le Parti libéral

Le député de Beauce-Sud Paul Busque a réintégré le Parti libéral du Québec vendredi dernier, même si une enquête sur de possibles manquements à l’éthique pèse toujours sur lui.

«Les collègues du caucus libéral ont décidé que la présomption d’innocence devait prévaloir», justifie la présidente du caucus, la députée Filomena Rotiroti, par courriel.

Les libéraux ont profité de la dernière journée de la session parlementaire à l’Assemblée nationale pour réadmettre dans leurs rangs celui qui siégeait comme indépendant depuis cinq semaines. C’est M. Busque qui avait demandé d’être exclu au départ, afin de ne pas «être une distraction pour le gouvernement». 

En entrevue au Soleil, M. Busque se montre soulagé d’être de retour dans l’équipe. «À la lumière des commentaires que j’avais, je pense que les gens comprennent», évoque-t-il. M. Busque croit toujours que le déclenchement de cette enquête de la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet découle d’une attaque d’un adversaire. 

L’enquête porterait sur le fait que M. Busque a engagé sa nièce pour travailler dans son bureau de circonscription à Saint-Georges et qu’il aurait utilisé ce bureau, payé par l’Assemblée nationale, à des fins partisanes. 

Engager sa nièce

M. Busque explique que sa nièce a bel et bien travaillé pour lui, à raison de deux jours par semaine, entre les mois de juin 2016 et mars 2017. Cette information avait même circulé à l’époque auprès de quelques journalistes, qui l’avaient contacté à ce sujet. 

M. Busque explique au Soleil qu’il avait fait des vérifications en 2016 et avait conclu avoir le droit d’agir ainsi, car s’il est vrai que la famille immédiate d’un député ne doit pas profiter de privilèges, celle-ci comprend seulement le conjoint ou les enfants à charge. «Le fait que j’aie embauché ma nièce, ça, c’était connu et on l’a validé. Si c’était à refaire, je vois pas pourquoi je ne le ferais pas», lance M. Busque. 

Pour les autres motifs de l’enquête, le député dit que «des vérifications administratives» sont en cours, sans commenter davantage, parce qu’il dit vouloir collaborer pleinement avec la commissaire à l’éthique. 

Seulement, le fait que Me Mignolet n’ait pas encore complété son enquête alors que l’Assemblée nationale achevait ses travaux a poussé M. Busque à demander sa réintégration. Le député pourra ainsi se présenter sous la bannière libérale aux prochaines élections, et non comme indépendant.  

Normalement, les rapports de la commissaire à l’éthique sont déposés lorsque l’Assemblée nationale siège, ce qui pourra se faire seulement après l’élection du prochain gouvernement. 

Rappelons que jeudi dernier, les libéraux ont voté contre une sanction recommandée par la commissaire Mignolet, qui blâme le député indépendant Pierre Paradis pour l’utilisation de son allocation de logement. Depuis que ses ex-collègues libéraux se sont rangés derrière lui, M. Paradis demande à la commissaire à l’éthique de se rétracter.  

M. Busque évite de commenter le cas de M. Paradis, tenant toutefois à préciser «qu’il s’agit de deux dossiers complètement différents». 

L’investiture de Paul Busque comme candidat libéral dans Beauce-Sud devrait avoir lieu au cours des prochaines semaines. Le député affrontera Samuel Poulin, de la Coalition avenir Québec, qui avait terminé deuxième en 2014 et dont la candidature a été confirmée vendredi dernier.