Homme d’affaires pendant 35 ans en Beauce, Paul Busque a été élu sous la bannière libérale lors d’une élection partielle en 2015.

Paul Busque fera «face au vent»

Soupçonnant une attaque d’un adversaire, le député libéral de Beauce-Sud Paul Busque n’a pas l’intention de plier l’échine alors qu’il fait l’objet d’une enquête pour manquements à l’éthique.

«En Beauce, quand on a une claque sur une joue, d’habitude, on ne présente pas l’autre joue. On se redresse la colonne et on fait face au vent.» En entrevue au Soleil, le politicien adopte un ton combatif. Sans viser une personne ou nommer un parti politique, le député dit «avoir une bonne idée d’où ça vient», les informations transmises à la commissaire à l’éthique et à la déontologie.

Même s’il est convaincu qu’il n’a rien à se reprocher, il a pris la décision de se retirer du caucus du Parti libéral et siégera comme indépendant jusqu’à la fin de l’enquête. «Je ne veux pas être une distraction pour le gouvernement», explique-t-il. M. Busque a appris qu’il faisait l’objet d’une enquête mardi et a décidé de sortir temporairement du caucus du PLQ jeudi soir. 

Par «respect» pour l’enquête en cours, M. Busque ne veut pas commenter les informations qui circulent, à savoir qu’il aurait embauché sa nièce et tenu des activités partisanes à son bureau de circonscription, bureau qui est payé par l’Assemblée nationale. 

Le bureau de la commissaire à l’éthique a fait savoir vendredi qu’il s’agissait d’une enquête déclenchée «de sa propre initiative» qui débutera le 16 mai. L’enquête concerne de «possibles manquements» relatifs à l’utilisation des biens et des services de l’État et à des situations de conflits d’intérêts. La commissaire Ariane Mignolet ne se donne pas de date limite pour réaliser son travail, mais «procédera avec toute la diligence requise», indique son bureau. 

Investiture reportée

M. Busque trouve qu’il s’agit «d’un drôle d’adon» qu’une enquête soit déclenchée alors que son investiture comme candidat libéral aux prochaines élections devait avoir lieu le 14 mai. Le parti a choisi de reporter cette investiture à une date ultérieure. «Pour l’instant, c’est reporté et on va attendre les conclusions du rapport du commissaire à l’éthique», indique Maxime Roy, directeur des communications pour le PLQ. Le parti n’est pas, pour le moment, à la recherche d’un candidat pour remplacer M. Busque. 

Le député de Beauce-Sud a aussi la ferme intention d’être de nouveau candidat aux élections du 1er octobre, si possible avec le PLQ. «Si pour des raisons que je ne contrôle pas, je serais obligé de le faire comme indépendant, je le ferais», ajoute-t-il. 

D’ici là, il espère que l'enquête pourra être menée à terme rapidement, soit avant le déclenchement des élections. «Je vais lui demander d’accélérer le processus. Je ne veux pas qu’elle bâcle son travail, mais je souhaite qu’elle tienne compte du calendrier électoral.»

M. Busque a annulé une conférence de presse vendredi lors de laquelle il devait faire une annonce au nom du gouvernement, mais il a participé à la première pelletée de terre des travaux de réfection du quai Pinon à Saint-Georges.

Homme d’affaires pendant 35 ans en Beauce, Paul Busque a été élu sous la bannière libérale lors d’une élection partielle en 2015. Il compte rester aussi actif qu’auparavant dans sa circonscription.