Pas une fuite de documents de la Sécurité publique, réagit Guilbault [VIDÉO]

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault nie l’existence d’une fuite de documents en provenance de son ministère, comme le prétendent deux policiers haut gradés.

Appelée à réagir lundi à la demande des policiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) Caroline Grenier-Lafontaine et André Boulanger, qui réclament une intervention urgente pour que cesse le coulage de documents appartenant au ministère de la Sécurité publique, Mme Guilbault a soutenu que les documents en question ont été «rendus disponibles dans le cadre d’un autre processus judiciaire concernant un autre dossier de l’UPAC». 

«Comme ils étaient déjà disponibles, on peut penser qu’ils peuvent circuler, alors il s’agit pas d’une fuite à proprement parler», a-t-elle expliqué. 

Mme Grenier-Lafontaine et M. Boulanger considèrent que des documents concernant Mme Grenier-Lafontaine ont été obtenus illégalement et réclament une enquête.

Une demande que décline Mme Guilbault. «Je peux confirmer que ces documents-là ne viennent pas du ministère de la Sécurité publique, c’est-à-dire que ce n’est pas le ministère qui a remis ces documents-là à des représentants des médias ou autre.»

Nouveau chef en octobre

Geneviève Guilbault croit plutôt que «la meilleure chose qu’on puisse faire pour l’UPAC en ce moment c’est de le doter d’un nouveau commissaire officiel». Une nomination qui surviendra «au maximum en octobre», indique Mme Guilbault. 

Pour la première fois, le commissaire de l’UPAC sera nommé par le deux tiers des députés de l’Assemblée nationale. Une courte liste de candidats potentiels sera remise bientôt à la ministre. L’objectif est de trouver un remplaçant à Robert Lafrenière, qui a remis sa démission le 1er octobre 2018. 

«Espérons que tout le monde sera d’accord avec le candidat, qu’il y aura un vote à l’unanimité pour le ou la prochaine commissaire et qu’enfin on puisse partir sur des nouvelles bases à l’UPAC pour sept ans», commente Mme Guilbault. 

Rappelons que le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, est suspendu à l’heure actuelle, car il est visé par une allégation d’infraction criminelle. Ce qui amène la ministre à dire qu’il «faut avoir une réflexion plus large sur les questions policières au Québec. Il faut le faire de façon approfondie, il faut le faire de façon factuelle, il faut le faire de façon transpartisane.»

La ministre de la Sécurité publique dit être au travail à ce sujet. «Je comprends que des gens puissent être amers et je suis parfaitement consciente de ce qui se passe, de tout ce qui se dit, des allégations et tout ça. Il y a personne qui est aveugle ou qui a la tête dans le sable chez nous. Je peux vous dire que je travaille très fort sur toute cette situation-là.»

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