Même s’il ne prononcera aucun discours devant les parlementaires québécois, il est encore possible qu'Emmanuel Macron s’arrête à Québec un court moment avant de se rendre à La Malbaie.

Pas de discours de Macron à Québec: la faute à Couillard, dit le PQ

Le Parti québécois ne croit pas qu’un emploi du temps trop chargé puisse expliquer à lui seul que le président français, Emmanuel Macron, ne s’adressera pas à l’Assemblée nationale du Québec, la semaine prochaine, comme il était prévu.

«Bien sûr que le président français a un agenda chargé», dit le député péquiste Stéphane Bergeron. Le problème, selon lui, est que le gouvernement Couillard ne soit pas parvenu à faire valoir à la diplomatie française que ce discours à l’Assemblée nationale était politiquement «incontournable», qu’il s’inscrivait presque dans une tradition.

Cette annulation est le symptôme d’un «refroidissement» des relations entre la France et le Québec, insiste-t-il.

Cette prise de parole à l’Assemblée nationale avait été annoncée en mars lorsque le premier ministre Philippe Couillard s’était rendu en France. Il s’agissait alors de la première rencontre entre les deux hommes depuis qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République française.

Le président français devait prendre la parole au Salon bleu devant tous les députés québécois jeudi prochain, la veille de l’ouverture du Sommet du G7, à La Malbaie. On voulait ainsi conférer de la solennité à son passage au Québec.

Il devait passer par le Salon bleu après sa visite à Ottawa, où il s’entretiendra mercredi prochain avec le premier ministre Justin Trudeau, ainsi qu’après son passage à Montréal, le lendemain, où il doit rencontrer une partie de la communauté française de la métropole.

Son emploi du temps est devenu trop chargé, explique-t-on, tant de sources gouvernementales françaises que québécoises. La possibilité que des manifestations se déroulent autour du Parlement québécois n’est pas en cause, assure-t-on.

M. Couillard et M. Macron auront tout de même un tête-à-tête. Ils auront un déjeuner de travail à Montréal.

Les deux hommes s’apprécient. Le jour de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française, en mai 2017, Philippe Couillard avait eu des mots sentis à son endroit : «Sa victoire, c’est la victoire de l’ouverture, de la confiance, de la modernité et du progrès économique, qui est nécessaire au progrès social, avait-il déclaré. C’est la victoire d’une idée qui dit qu’on peut affirmer son identité dans un plus grand ensemble; dans le cas de M. Macron, dans le cadre de l’Europe. C’est également la défaite de la fermeture, du populisme, d’une société où l’étranger est le bouc émissaire. C’est la défaite aussi d’une vision très simpliste de l’économie.»

Hollande et Sarkozy

Les deux prédécesseurs d’Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy, se sont déjà adressés à l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale. C’était en 2014 pour le premier et en 2008 pour le second.

Les rencontres que le président français devait avoir avec les chefs des partis d’opposition dans l’enceinte du Parlement québécois sont pour l’heure et de facto annulées.

En avril, à Paris, Justin Trudeau a pris la parole à l’Assemblée nationale française. Il a été le premier chef d’un gouvernement fédéral canadien à bénéficier de cet honneur.

Même s’il ne prononcera aucun discours devant les parlementaires québécois, il est encore possible que M. Macron s’arrête dans la capitale québécoise un court moment avant de se rendre à La Malbaie. Il n’est pas impossible qu’il rencontre le maire Régis Labeaume un bref instant, mais rien n’est encore certain.