«Ce sont les mêmes politiques qui ont conduit des secteurs entiers de la population à se sentir abandonnés par le pouvoir», a dit Amir Khadir, au sujet des politiques d'austérité des derniers gouvernements.

Pas à l'abri d'une montée de l'extrême droite, dit Khadir

Les politiques d'austérité «font le lit» de la division et de la colère, selon les élus de Québec solidaire, qui craignent une montée des «tentations xénophobes» de l'extrême droite. La formation de gauche invite tous les partis politiques à ne pas faire les mêmes erreurs que les politiciens américains afin d'éviter l'émergence d'un Donald Trump de ce côté-ci de la frontière.
Manon Massé et Amir Khadir ont profité d'une conférence de presse en marge du conseil national de Québec solidaire (QS), tenu cette fin de semaine à Québec, pour enjoindre à l'ensemble de la classe politique de poser des gestes de solidarité envers tous les groupes de la société. Une sortie en bonne partie motivée par l'élection de Donald Trump, un homme profondément «raciste» et «misogyne», selon les solidaires.
M. Khadir croit que le Québec n'est pas à l'abri d'une montée de l'extrême droite ou d'un leader comme M. Trump, et soutient que le terreau sera fertile dans la province si le gouvernement continue d'appliquer «des politiques de division sociale».
Le député de Mercier appuie son discours en dénonçant les mesures d'austérité des gouvernements qui se sont succédé au fil des dernières années. Selon lui, libéraux comme péquistes ont déposé de nombreux budgets où le déficit zéro était la priorité au détriment du tissu social.
«Ce sont les mêmes politiques qui ont conduit des secteurs entiers de la population à se sentir abandonnés par le pouvoir, a-t-il affirmé. Le niveau de vie a peu à peu baissé, le tissu social s'est démembré.» Il a entre autres fait référence aux assistés sociaux, mais surtout aux minorités visibles.
M. Khadir a dressé un parallèle avec la candidature d'Hillary Clinton, femme issue de l'establishment qui, selon lui, ne proposait rien de bien nouveau à tous ces Américains en mal de changement. Ce changement s'est plutôt incarné en Donald Trump, qui leur a promis un grand ménage et des emplois, tout en jouant sur la fibre anti-immigration.
M. Khadir voit déjà des indices que des politiciens du Québec sont «tentés» par un tel virage. Il a d'abord critiqué François Legault, chef de la Coalition avenir Québec, qui propose un «test des valeurs» aux immigrants pour obtenir leur citoyenneté. Il n'a pas épargné Jean-François Lisée, qui a, selon lui, pris un virage identitaire durant la course à la chefferie qui l'a porté à la tête du Parti québécois. «Je crois que M. Lisée regrette amèrement», a-t-il ajouté.
Femmes autochtones
Un premier geste de solidarité serait d'abord de tendre la main aux femmes autochtones victimes d'abus et de discrimination, selon Manon Massé. Elle a plaidé samedi pour une enquête publique indépendante concernant le problème de racisme systémique envers les autochtones du Québec.
Les solidaires espèrent de véritables gestes du gouvernement afin de venir en aide aux minorités visibles, victimes selon eux de racisme systémique, que ce soit lié à l'emploi, à l'intégration, au logement ou à toute autre forme de discrimination.