Les forts taux d'appuis à Françoise David dans Gouin placent Gabriel Nadeau-Dubois en position de favori. Mais il ne prend rien pour acquis.

Partielle dans Gouin: Nadeau-Dubois ne tient rien pour acquis

La circonscription montréalaise de Gouin a beau avoir élu deux fois une représentante de Québec solidaire, le candidat du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, dit ne rien prendre pour acquis en vue de l'élection partielle qui se déroulera lundi soir.
L'ex-leader étudiant, que l'ex-députée Françoise David a elle-même choisi pour lui succéder, avoue avoir mené cette campagne avec confiance, parce que les citoyens de Gouin connaissent bien son parti.
Québec solidaire règne dans la circonscription depuis 2012, lorsque Mme David avait remporté son siège avec plus de 46 % des voix. En 2014, la députée avait été réélue avec plus de 50 % du vote populaire. Sa majorité était de 9717 votes.
Mais malgré cela, M. Nadeau-Dubois dit ne rien prendre pour acquis jusqu'à lundi soir.
Il faut dire que le contexte est bien différent pour cette élection.
Le Parti québécois, qui avait fini deuxième en 2014, n'a pas présenté de candidat pour, disait-il, favoriser la convergence. Depuis ce temps, certains partisans péquistes ont été échaudés par la décision de Québec solidaire de ne pas conclure d'entente électorale avec le PQ en vue de la prochaine élection.
Le PQ est en mode attaque depuis qu'il a essuyé ce refus: le chef du parti, Jean-François Lisée, a dit que Québec solidaire était dirigé par un «poliburo», faisant référence au conseil de direction de l'Union soviétique.
M. Nadeau-Dubois ne s'inquiète pas outre mesure des conséquences du choix des membres de Québec solidaire.
«Il y a des gens qui sont très, très fâchés, c'est sûr. Mais il y a aussi des gens qui sont soulagés, qui sont contents», a-t-il dit.
«Les esprits sont échauffés sur les réseaux sociaux, mais sur le terrain, on n'en entend pas parler tant que ça. J'ai fait du porte à porte toute la semaine et on ne m'en n'a pratiquement pas parlé.»
Quatre opposants
Le candidat solidaire fait face à quatre principaux opposants - Jonathan Marleau du Parti libéral du Québec, Benjamin Bélair de la Coalition avenir Québec, Vanessa Dion d'Option nationale et Alex Tyrell, le chef du Parti vert du Québec.
Ce sont tous des candidats jeunes - M. Bélair, à 39 ans, est le plus vieux du lot. Les autres sont tous âgés dans la vingtaine.
Les libéraux, qui avaient fini troisième en 2014 avec moins de 18 % des voix, sont très actifs dans Gouin. M. Marleau, le président de Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, avait lancé sa campagne en grande pompe en compagnie du premier ministre Philippe Couillard. Lors d'un débat ludique à l'émission radiophonique «La soirée est encore jeune», samedi soir, M. Marleau a même invité les péquistes déçus à voter pour lui.
Les électeurs de Gouin sont convoqués aux urnes de 9 h 30 à 20 h, lundi. Déjà, un peu plus de 7 % des électeurs se sont déplacés pour voter par anticipation.