Les cols bleus de Montréal ont manifesté devant l'hôtel de ville de la métropole, le 15 décembre dernier.

Pacte fiscal: la CSN craint que Labeaume et Coderre imposent des reculs

La CSN craint que le projet de loi concernant le pacte fiscal amène des maires comme Régis Labeaume à Québec et Denis Coderre à Montréal à réduire au minimum les conditions de travail de leurs employés.
«Quand on entend MM. Labeaume et Coderre, on craint qu'ils souhaitent ramener les conditions de travail les plus basses possible, qu'ils veuillent récupérer encore plus que le 1,2 milliard $ que le gouvernement a coupé dans le pacte fiscal», a déclaré mercredi en conférence de presse Yvon Godin, vice-président de la Fédération des employés et employées de services publics (FEESP) de la CSN.
«On sait ce qu'ils feront : ils feront semblant d'avoir tenté d'en arriver à une entente pour ensuite prétendre qu'il n'y avait pas d'ouverture de la part du syndicat. Ensuite, ils imposeront un recul», indique Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec et Chaudière-Appalaches de la CSN. «Même Gilles Lehouillier [maire de Lévis], a affirmé qu'il souhaitait que les municipalités n'en profitent pas pour imposer un régime au pain sec», poursuit-elle.
La présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras
Riposte
Avant même que le projet de loi ne soit déposé, la CSN prépare déjà une réplique qui pourrait aller jusqu'à un recours aux tribunaux comme dans le cas de la contestation contre la loi 15 sur les régimes de retraite. «Il y aura riposte de la part de la CSN. Tous les moyens sont possibles», affirme M. Godin.
Au Québec, environ 10 000 membres de la CSN, dont 1600 dans les régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches, seront touchés par le pacte fiscal. «C'est ironique que le gouvernement du Québec acquiesce aux demandes de l'Union des municipalités du Québec à la veille de l'ouverture des travaux parlementaires, et avant même que le projet de loi en lien avec le pacte fiscal ne soit déposé. Cela démontre que les dés sont pipés d'avance et que le processus de consultation sera bidon», poursuit M. Godin.
Yvon Godin estime d'ailleurs que les municipalités mentent quand elles disent ne pas avoir les connaissances pour négocier et qu'elles déplorent de se faire imposer les conditions de travail de leurs employés par des arbitres.
«La vérité, c'est que la plupart des villes embauchent des firmes d'avocats pour négocier», indique-t-il. «Et demandez aux maires de municipalités comme Saint-Ferréol, Beaupré et Stoneham, ils vous diront que les négociations se sont bien déroulées et que les syndicats ont été raisonnables», conclut Ann Gingras.