Le gouvernement a l’intention d’appuyer un projet de loi d’initiative parlementaire présenté par la députée néo-démocrate Georgina Jolibois, qui propose de créer un jour férié le 21 juin, soit la Journée nationale des Autochtones.

Ottawa veut une journée nationale pour commémorer les pensionnats autochtones

OTTAWA — Le gouvernement fédéral souhaite créer une journée nationale afin de souligner le sombre héritage des pensionnats fédéraux pour enfants autochtones et compte recourir à un projet de loi émanant de l’opposition pour y parvenir.

Le fédéral a déjà commencé à consulter des groupes autochtones au sujet de la création d’une journée nationale qui permettrait d’honorer les survivants des pensionnats et de sensibiliser la population à cette facette peu reluisante de l’histoire canadienne. La création d’une telle journée était l’une des 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

Un responsable du gouvernement a révélé, sous le couvert de l’anonymat, que les leaders autochtones n’avaient pas encore décidé quelle formule ils préféraient entre un jour férié en bonne et due forme, et une journée hommage offrant une reconnaissance symbolique.

Le fédéral prévoit porter ces discussions sur la place publique dans le cadre d’un forum parlementaire qui serait l’occasion, pour les groupes et les leaders autochtones ainsi que les survivants des pensionnats, d’échanger avec les députés.

Projet de loi du NPD

Le gouvernement a l’intention d’appuyer un projet de loi d’initiative parlementaire présenté par la députée néo-démocrate Georgina Jolibois, qui propose de créer un jour férié le 21 juin, soit la Journée nationale des Autochtones.

Un porte-parole du ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a souligné que le gouvernement avait promis de respecter les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

«L’appel à l’action 80 demande au gouvernement du Canada de créer un Jour national de vérité et de réconciliation pour honorer les survivants des pensionnats indiens», a déclaré Simon Ross.

«C’est exactement ce que nous allons faire et nous le ferons en collaboration avec les peuples autochtones.»

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a affirmé que les Premières Nations appuient la création d’une journée nationale pour «reconnaître l’héritage tragique et pénible des pensionnats», se souvenir avec respect des enfants arrachés à leurs maisons et à leurs familles, tout en honorant les survivants et leurs familles.

«L’ère des pensionnats est effectivement un chapitre sombre, et nous ne devons jamais oublier», a-t-il affirmé dans un communiqué.

«Une journée dédiée à se souvenir et à honorer les élèves des pensionnats contribuera à une meilleure compréhension populaire de notre histoire commune, et aidera à mieux informer notre travail en collaboration à l’avenir. Il s’agit d’une partie importante de la réconciliation et les Premières Nations doivent être impliquées dans le choix d’une date appropriée», a ajouté M. Bellegarde.

Pendant plus d’un siècle, des enfants autochtones arrachés à leur famille ont été contraints de fréquenter des pensionnats financés par le gouvernement fédéral et gérés par des groupes religieux. Plusieurs élèves y ont été maltraités.

Si le Parlement approuve la création d’une journée nationale de vérité et de réconciliation, celle-ci ne sera en vigueur que dans les milieux de travail réglementés par le fédéral, soit la fonction publique, les ports, les aéroports, les transporteurs aériens et les entreprises de télécommunications.

Les provinces et les territoires qui voudraient adopter un éventuel jour férié devront amender leur code du travail respectif en ce sens.