Le député de Québec solidaire Amir Khadir

«On voit très bien qui guide la main du pouvoir», dénonce Khadir

C'est ce qui s'appelle une tribune en or et Amir Khadir en a bien profité. Alors que tous les ministres libéraux ont évité les questions sur l'arrestation de Nathalie Normandeau lors de la présentation du budget, jeudi, le solidaire a profité de la captivité d'une centaine de journalistes en huis clos pour dénoncer ce qu'il considère comme la mainmise «du patronat et d'une minorité de privilégiés» sur le gouvernement.
«On voit très bien qui guide la main du pouvoir pour écrire un budget aussi déséquilibré en faveur de toujours les mêmes et surtout en faveur des firmes amies du pouvoir», a lancé le député de Mercier, particulièrement en verve.
Il s'est attardé longuement sur le cas de Mme Normandeau. «Elle était certainement la plus compromise des ministres du gouvernement libéral précédent car aux Affaires municipales, c'est elle qui avait la tâche ingrate d'offrir les retours d'ascenseurs pour les millions d'argent frauduleux ramassés par les ministres à 100 000 $», a accusé M. Khadir, rappelant «qu'à cette époque, le ministre de la Santé s'appelait Philippe Couillard».
Revenant sur le budget, il a minimisé le réinvestissement en éducation. «Le signal fort en éducation qui était promis, c'est quoi finalement? Quand on regarde et qu'on décortique avec rigueur le budget, c'est 50 sous par jour par élève», a-t-il dénoncé.
En comparaison, le critique du Parti québécois, Nicolas Marceau, est apparu fort rationnel en s'attaquant au ratio dette/PIB, puis en déplorant que les prévisions de croissance économique et de création d'emplois ne respectent pas les promesses électorales des libéraux.
Le caquiste François Legault a pour sa part attaqué «un Parti libéral qui tolère une économie qui traîne de la patte, qui tolère qu'on ait au Québec une économie qui dépend de plus en plus des transferts fédéraux».