Le chef de la CAQ, François Legault, dit vouloir être «le premier ministre de l'économie», et annonce que ce sera sa carte «la plus importante» en campagne électorale.

«On a un énorme rattrapage à faire», dit Legault

À un an des prochaines élections générales au Québec, Le Soleil rencontre les chefs des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui : le chef caquiste François Legault.
Philippe Couillard accuse souvent François Legault de négativisme. En entrevue avec Le Soleil, le chef caquiste lui renvoie une balle semblable : le premier ministre est «jovialiste», lance-t-il.
«On a un énorme rattrapage économique à faire», déclare François Legault en appelant les Québécois à voir au-delà de certains indicateurs.
«Philippe Couillard pense que l'économie va bien au Québec. Or, quand on regarde les pays de l'OCDE, on est parmi les derniers. Le premier ministre affirme que l'économie du Québec va bien parce qu'on a un taux de chômage bas. Ce qu'il n'a pas compris, c'est qu'aujourd'hui, dans la plupart des pays industrialisés, ce ne sera plus un enjeu, le taux de chômage, car il va nous manquer de main-d'oeuvre qualifiée.»
«Le défi n'est pas de créer des emplois, dit-il, c'est de créer des emplois bien payés.»
Un «champion»
À un an des prochaines élections générales au Québec, en octobre 2018, François Legault dit vouloir être «le premier ministre de l'économie». Il annonce que ce sera sa carte «la plus importante» en campagne électorale.
On sait déjà qu'il presse l'actuel gouvernement de baisser de 500 $ les impôts de tous les contribuables québécois gagnant moins de 150 000 $ par année. Il précise que cet élément ne sera que l'un de ceux que son parti présentera en campagne électorale afin de «remettre plus d'argent dans le portefeuille des familles», qu'il y en aura d'autres. Il garantit que son parti sera le «champion» sur ce front.
Stratégie politique oblige, le chef caquiste reste toutefois évasif à ce stade-ci. Les autres remises d'argent pourraient aussi passer «par des baisses d'impôt ou par des baisses de tarif ou de taxe - il y a eu beaucoup d'augmentation ces dernières années, des garderies jusqu'aux taxes scolaires et aux tarifs d'Hydro-Québec», dit-il. Il ajoute que «ça peut aussi passer par de l'aide directe aux familles».
Ce que l'on peut comprendre, c'est que son parti entend jouer sur tous ces curseurs.
«Garder nos jeunes»
Pour que les Québécois aient plus d'argent, il faudra aussi créer davantage de richesse collective «en créant des emplois mieux rémunérés» au Québec, pense M. Legault. «On a beaucoup d'emplois à 15 $. On n'en a pas beaucoup à 30 $.»
La révision du rôle d'Investissement Québec est au coeur de sa stratégie. Il fait valoir qu'Investissement Québec «doit être un facilitateur pour attirer des investissements manufacturiers et créer des emplois payants».
Chose certaine à ses yeux : «Ça prend une équipe de développeurs» chez IQ. 
N'est-on pas loin d'un projet de société? «Créer des emplois bien payés, c'est entre autres pour garder nos jeunes au Québec, répond-il. Une de mes plus grandes craintes est que les opportunités soient à New York, à Boston, à San Francisco. Et qu'ici, on n'ait pas assez d'opportunités d'emplois à 60 000, à 80 000, à 100 000 $ par année. C'est ce qui nous manque actuellement.»
«On ne peut pas garder nos jeunes les plus brillants seulement avec des emplois à 15-20 dollars l'heure.»
L'économie sera sa carte «la plus importante», a-t-il lancé d'entrée de jeu. Mais certains ont l'impression qu'il joue tout aussi à fond la carte identitaire. À ce chapitre, François Legault dit être surtout désireux de «régler les problèmes qu'on a - qu'on aurait dû régler depuis 10 ans en matière d'identité».
«Il faut le faire. Ça n'a pas été fait par les gouvernements qui se sont succédé. Mais ma priorité, c'est l'économie.»
Écoles ouvertes plus longtemps
Lors des prochaines élections générales, les Québécois devront se demander lequel des partis politiques a le meilleur plan économique, estime M. Legault. Le meilleur plan économique «pour être capable de nous donner les moyens de nos ambitions, ce qui inclut l'éducation», souligne-t-il.
À la fin d'un premier mandat caquiste, toutes les écoles secondaires du Québec seraient ouvertes une heure de plus par jour. Ce serait «plus d'aide aux devoirs, plus de sport pour les jeunes, plus d'art aussi».
François Legault s'engage : un gouvernement caquiste en ferait davantage pour les enfants en difficultés d'apprentissage.
La souveraineté, «c'est le passé»
«Le Parti québécois pour moi, c'est le passé», laisse tomber le caquiste. La souveraineté «est une idée qui fait partie du passé», martèle-t-il.
À l'instar de son adversaire péquiste, il croit que la lutte se fera à deux dans un an. Contrairement à Jean-François Lisée, cependant, il ne pense pas que les principaux protagonistes seront le Parti québécois et les libéraux, mais ces derniers et son parti.
«Philippe Couillard se présente maintenant comme quelqu'un qui veut transformer le Québec, mais ça ne passera pas. Il a la même équipe que Jean Charest. Ça fait 15 ans qu'ils sont là.»