Steven Blaney (à droite) estime que le désistement de Kevin O'Leary et son appui à Maxime Bernier ne feront qu'alimenter le cynisme envers la classe politique.

O'Leary «n'a jamais été sérieux»

Kevin O'Leary a pris son engagement politique à la légère et n'a jamais été sérieux, dénoncent des députés conservateurs de Québec qui ne cachent pas leur satisfaction de voir l'ex-dragon se retirer de la course à la chefferie de leur parti.
«C'est méprisant à l'égard des militants qui s'apprêtaient à l'appuyer», a réagi le député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis Steven Blaney. Celui qui est également candidat à succession de Stephen Harper qualifie la nouvelle du désistement de l'homme d'affaire anglophone pour appuyer le député beauceron Maxime Bernier de «bombe nucléaire» qui ne fera qu'alimenter le cynisme envers la classe politique. 
«Il avait une approche très superficielle et est arrivé dans la course comme un cheveu sur la soupe», juge M. Blaney qui croit que les raisons invoquées par Kevin O'Leary pour abandonner sa carrière politique, soit qu'il ne pourrait gagner suffisamment d'appuis au Québec, ne sont qu'un prétexte. «Il a plutôt décidé de renoncer aux exigences et aux aléas de la vie politique», affirme le député. 
Son collègue de Portneuf-Jacques-Cartier poursuit dans la veine affirmant qu'il est malheureux pour les membres du parti qu'un candidat se retire à quelques jours du début du vote alors que son nom est déjà imprimé sur les bulletins et que cela pourrait amener de la confusion. «Il n'a jamais été sérieux et n'a jamais respecté les règles», déplore Joël Godin qui croit que M. O'Leary n'avait pas «la fibre» d'un politicien malgré ses talents d'orateur. 
Il regrette également son manque de respect envers les Québécois envers qui il n'a jamais tendu la main. Une analyse que partage le député Pierre Paul-Hus, qui reproche aussi à l'homme d'affaires anglophone d'avoir prétendu faussement tout au long de la campagne qu'il faisait des efforts pour apprendre le français. «À moi il m'a dit qu'il n'avait pas le temps pour ça», déplore l'élu de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles. Celui qui appuie le saskatchewanais Andrew Scheer soutient n'avoir jamais vu l'ombre de la vedette de la télé anglophone au Québec. 
Par ailleurs, son retrait de la course se fait au profit de M. Scheer et que la course sera désormais entre les deux, assure M. Paul-Hus qui rappelle que les membres du Parti conservateur votent en faisant une liste de leurs candidats favori. Il juge que Maxime Bernier ne doit pas se réjouir trop vite parce les appuis pour O'Leary n'iront pas nécessairement à lui notamment en raison de son opposition au système de la gestion de l'offre. 
Un avis que ne partage pas Alupa Clarke en raison, notamment, des récentes déclarations du président Donald Trump sur les producteurs laitiers canadiens et le bois d'oeuvre. «La gestion de l'offre ne peut pas se tenir debout», dit-il et Maxime Bernier «est le seul visionnaire dans le dossier», affirme le député de Beauport-Limoilou qui appuie le Beauceron et se dit «très heureux» du dénouement. 
M. Clarke est persuadé qu'au moins la moitié des membres qui ont acheté une carte pour appuyer Kevin O'Leary se rangeront derrière Maxime Bernier et que c'est également ce qu'il a constaté dans son comté. Il dit également partager l'analyse de l'équipe de l'homme d'affaires selon laquelle le député québécois de la Beauce est le seul pouvant refaire «une vague bleu» au Québec avec un minimum de 30 sièges.