Rita de Santis

Objectifs de financement libéraux: «des pinottes», dit De Santis

Les objectifs de financement exigés des ministres libéraux ont l'air de «pinottes» en comparaison de ceux demandés à différents politiciens canadiens, affirme la ministre Rita de Santis.
Le Québec a «des siècles» d'avance sur les autres provinces canadiennes en matière d'assainissement des règles de financement politique, a plaidé la ministre de la Réforme des Institutions démocratiques, vendredi.
«Quand vous voyez que les objectifs de certains ministres de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, les 100000$ ou 150000$ [par année demandés aux ministres du PLQ sous Jean Charest] ont l'air de "pinottes"», a déclaré Mme de Santis.
Le quotidien Toronto Star a récemment révélé que des ministres du gouvernement libéral en Ontario ont des cibles de financement de 150000$ à 500000$. La première ministre Kathleen Wynne depuis a promis de modifier les façons de faire.
La déclaration de la ministre de Santis a fait bondir le Parti québécois. Selon le leader de l'opposition, Bernard Drainville, elle «banalise» la situation. «Ce système a donné un immense pouvoir aux collecteurs de fonds libéraux, a critiqué M.Drainville dans un communiqué. Il a donné à l'argent du financement libéral un pouvoir toxique sur notre démocratie. Un pouvoir de corruption.»
En interpellation, vendredi, la ministre de Santis a réitéré qu'elle n'accèdera pas à la demande de la Coalition avenir Québec d'étendre à 20 ans le délai de prescription pour le financement politique illégal. Passé un certain temps, la qualité de la preuve et des témoignages se dégrade, fait-elle valoir.
Les partis d'opposition craignent que les libéraux utilisent de l'argent mal acquis pendant des années pour remporter la prochaine élection. «Je peux vous assurer qu'il n'y a pas d'argent qui reste, a soutenu Mme de Santis. [...] Quand je suis arrivée en 2012, il y avait une dette au parti. J'ai aidé avec un petit peu d'argent de mon comté à réduire cette dette parce que j'ai fait un peu de financement. Alors quand on parle qu'il y a de l'argent de cette époque, je ne sais pas où.»
Elle entend par contre suivre la recommandation de la commission Charbonneau de faire passer de cinq à sept ans la période pendant laquelle le Directeur général des élections peut sévir. Elle songe aussi à obliger un remboursement plus rapide des prêts aux candidats afin que ceux-ci ne se transforment pas «en don».
Lors de l'interpellation, les partis se sont mutellement remis sous le nez leurs exemples de pratiques douteuses de financement. «Les partis politiques se trouvaient dans un monde différent à cette époque, a commenté Mme de Santis. [...] Les gens ont agi d'une même façon, peu importe le parti.
«Pas très sage»
Celle dont le mandat consiste notamment à réduire le cynisme populaire à l'endroit de la classe politique convient que son collègue Sam Hamad a fait une erreur en s'éloignant pour quelques jours de congé.
«Qu'il soit allé en Floride, ça n'a pas été très sage de sa part, a commenté Mme de Santis. Mais maintenant, il faut vivre avec cela. C'est un choix qui a été fait par lui.»