Nouveau mode de scrutin: un référendum avant ou après?

Si certains députés caquistes militent pour que le Québec tienne un référendum avant de changer le mode de scrutin, le président du Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN) Jean-Pierre Charbonneau, propose plutôt de le tenir après, comme l’a fait la Nouvelle-Zélande.

«Il faut que ce soit un référendum de validation. Les gens vont avoir essayé pendant un certain temps les deux modes de scrutin et vont décider en toute connaissance de cause», fait-il valoir. En Nouvelle-Zélande, les électeurs ont été appelés à se prononcer 15 ans après avoir adopté un mode de scrutin proportionnel. Ils ont décidé de le conserver.

En Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard toutefois, le non l’a emporté aux deux référendums qui ont été tenus avant de changer la façon d’élire les députés.

Pour M. Charbonneau, un ex-ministre péquiste, il est inconcevable que des députés, — dont certains n’étaient pas encore membres ou candidats de la Coalition avenir Québec (CAQ) lorsque le parti s’est engagé à réformer le mode de scrutin —, mettent leur chef François Legault dans cette position intenable. Il implore le premier ministre de «ne pas faire un Justin Trudeau de lui-même», en enterrant sa promesse. 

M. Legault a indiqué mercredi qu’il n’exclut pas la possibilité de tenir un référendum avant de changer le mode de scrutin au Québec. Celui qui a toujours fermé la porte à l’idée d’un référendum sur cette question se dit maintenant «à l’écoute» de ses députés et des autres partis, afin de trouver «le plus grand consensus possible».

Différents scénarios 

La ministre de la Justice Sonia LeBel a présenté pour la première fois mardi soir différents scénarios de scrutin proportionnel mixte au caucus des députés de la CAQ. Selon La Presse, le scénario le plus probable est à l’effet que 80 députés soient élus dans des circonscriptions qui ressemblent à celles des élections fédérales, alors que 45 élus seraient des «députés de liste», c’est-à-dire qu’ils seraient répartis entre les différents partis pour mieux représenter le pourcentage total de votes obtenus. 

M. Legault affirme qu’à l’heure actuelle, «il n’y a pas de décision de prise» et que plusieurs idées sont sur la table. Il raconte toutefois avoir averti ses députés qu’«il faut penser aux intérêts des Québécois et non aux intérêts de la CAQ». 

M. Legault a répété mercredi qu’il s’engage à déposer un projet de loi pour mettre en place un mode de scrutin proportionnel mixte d’ici le 1er octobre, mais il n’a pas affirmé qu’un nouveau mode de scrutin serait en place pour les prochaines élections, en 2022.

«Vers là qu’on s’en va»

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé rappelle que M. Legault a signé un engagement à cet effet en sa compagnie il y a un an. Si elle comprend que des députés de la CAQ soient «mal à l’aise» et aient «peur» de perdre leur circonscription, elle croit que «s’ils se sont fait élire sous cette bannière, ils devraient assumer que c’est vers là qu’on s’en va». 

Pour Mme Massé, il n’est pas nécessaire de tenir un référendum sur cette question, étant donné que trois partis (la CAQ, le PQ et QS), avaient cet engagement dans leur plateforme électorale en octobre dernier, et que leurs députés représentent la large majorité des Québécois. 

Le chef du PQ Pascal Bérubé indique quant à lui que «des discussions» ont lieu au sein de son parti sur la nécessité ou non de tenir un référendum sur la question. Ses yeux restent toutefois fixés sur l’objectif de réformer le mode de scrutin rapidement. «On va prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’on puisse voter en 2022 avec un nouveau mode de scrutin.»