Le maire de Québec Régis Labeaume ne veut surtout pas que la Commission des relations de travail tranche en cas d'échec dans les négociations avec les employés de la Ville.

Nouveau front entre Labeaume et Gaudreault

«On ne demande pas au ministre d'être d'accord en partant. Mais quand on veut des réformes, c'est sûr qu'on frappe un mur. Nous autres, on est dans la chasse aux doublons.»
Régis Labeaume demande au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, d'être «ouvert» à l'élimination de certaines structures de pouvoirs dans la région qui, à ses yeux, sont des «mille-feuilles administratifs inutiles et contre-productifs».
Le souhait de Régis Labeaume et des élus de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), dont il est président : l'abolition pure et simple de la Conférence régionale des élus (CRE) de la Capitale-Nationale.
Comme le révélait Le Soleil dans son édition de mardi, M. Labeaume a confirmé mardi en conférence de presse qu'ils demande que les budgets versés par le gouvernement provincial à la CRE de la Capitale-Nationale le soient plutôt à la CMQ.
Un palier de décision de moins serait plus économique, plus «efficace» et «productif», a dit le maire de Québec, accompagné du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, du préfet de la MRC de La Côte-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin, du préfet de la MRC de La Jacques-Cartier, Robert Miller, et du préfet de la MRC de L'Île-d'Orléans, Jean-Pierre Turcotte.
Aux yeux de ces élus, la CRE, fondée en 2004 pour être l'«interlocuteur» du gouvernement sur le développement régional, a le nez dans trop de dossiers et provoque des dédoublements. «Actuellement, la CRE de la Capitale-Nationale est en train d'empiéter dans tous les secteurs de responsabilités des villes et de la CMQ», a dit M. Labeaume en citant en vrac l'aménagement, le transport, la culture, l'immigration.
M. Labeaume s'en est aussi pris à la répartition des budgets de la CRE, qui compte une vingtaine d'employés et un conseil d'administration composé de 30 élus municipaux, d'un représentant de la nation huronne-wendat et de 14 représentants des milieux socioéconomiques.
«La CRE a un budget de 8 millions $ dont le tiers va pour le fonctionnement. Ça coûte 2,6 millions $ pour en investir 5,3 millions $. Ça marche pas. Ce qu'on dit, c'est amenez-nous l'argent et on va le gérer dans nos responsabilités», a avancé M. Labeaume.
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, tient en bonne partie le même discours, même si, contrairement à son homologue de la Rive-Nord, il ne demande pas l'abolition de la CRE de la Chaudière-Appalaches, qui, dit-il, reste utile hors de l'agglomération urbaine lévisienne. Il souhaite toutefois que soient éliminés les doublons dans des secteurs comme la lutte contre la pauvreté, la protection des paysages, l'immigration et le développement social.
Non ferme du ministre
Cette proposition s'annonce déjà comme un nouveau front entre les villes et le ministre des Affaires municipales Sylvain Gaudreault. «Il n'est pas dans les projets d'abolir les CRE», a-t-il tranché. «Il y en a 21 à travers le Québec. Je ne veux pas commencer à faire du cas par cas. Je crois à leur rôle de concertation. C'est pour ça qu'elles ont été créées. On a besoin de concertation dans les régions», a-t-il dit lorsque questionné en matinée sur les informations révélées par Le Soleil.
Même son de cloche au cabinet de la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais. «Mme Maltais est d'accord avec son collègue», a répondu par courriel son attaché de presse, Jean-Thomas Grantham.
Qu'importe, réplique Régis Labeaume. «On ne demande pas au ministre d'être d'accord en partant.» M. Gaudreault, estime-t-il, doit toutefois réaliser que les élus de la CMQ parlent d'une même voix. «On est ici et on est unanimes. Est-ce qu'on est tous fous?» a-t-il demandé. «Va-tu falloir qu'il y ait du monde qui commence à écouter les villes? Moi, je dis aux gens : "Soyez ouverts."» Avec  Jean-Marc Salvet