Le chef péquiste Stéphane Bédard

Négociations avec les médecins: le «bluff» de Couillard a échoué, dit le PQ

Le premier ministre Philippe Couillard remballe sa menace d'une loi spéciale parce que son bluff aux médecins a échoué lamentablement, selon le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard.
Dans une entrevue au Soleil, le chef du gouvernement a enjoint les médecins à s'entendre avec Québec «avant que la prochaine négociation ne débute vraiment». «D'une façon ou d'une autre, l'État du Québec s'assurera que les fédérations médicales participent aux efforts», a déclaré M. Couillard.
M. Bédard en déduit que le premier ministre a perdu espoir de s'entendre sur l'étalement des hausses salariales des médecins cette année et qu'il mise sur une récupération des sommes lors de la prochaine ronde de négociation.
«À l'évidence, il a abandonné cette voie-là, analyse Stéphane Bédard. Il a maladroitement bluffé. En négociation, on ne doit pas faire une menace qu'on ne peut pas tenir. On perd toute crédibilité. Je pense malheureusement que le gouvernement s'est placé dans cette situation.»
Il y a un mois, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a pourtant déclaré que «les lois spéciales sont parfois nécessaires». D'après M. Bédard, les déclarations de M. Couillard écartent maintenant cette option.
Si Québec échoue à étaler le relèvement salarial de 540 millions $ cette année, le gouvernement devra couper dans les services aux citoyens ou abandonner son objectif d'équilibrer les finances publiques. «C'est la pierre angulaire du budget, a déclaré le chef intérimaire du PQ. Ils ont vraiment agi en amateur. C'est sûr que là, on est dans le trouble. Le gouvernement n'a pas été pris au sérieux. Si les agences de cotation voient ça, ça peut avoir des conséquences.»
Le Parti québécois plaide depuis des mois que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ne peut mener les négociations sur l'entente qu'il a obtenue alors qu'il était lui-même à la tête de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ).
«Comment celui qui a négocié une entente qu'il jugeait équitable, le lendemain matin, elle ne l'est plus? demande M. Bédard. Il n'est pas pris au sérieux dans le cadre de la négociation.»