Le président de la Chambre des communes peut convoquer les parlementaires 48 heures après avoir donné son aval. Il est donc peu probable, à ce moment-ci, que la Chambre siège cette semaine.
Le président de la Chambre des communes peut convoquer les parlementaires 48 heures après avoir donné son aval. Il est donc peu probable, à ce moment-ci, que la Chambre siège cette semaine.

Négociations ardues entre partis fédéraux pour les subventions salariales

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Les partis politiques fédéraux ne se sont toujours pas entendus pour une date de rappel du Parlement afin d’adopter les mesures d’urgence pour aider les entreprises pendant la pandémie de COVID-19.

Il semblerait que le processus bloque au niveau des mesures d’imputabilité demandées par les conservateurs.

L’opposition officielle veut s’assurer de questionner les ministres en public, mais le gouvernement préconise plutôt un Parlement «virtuel» qui respecterait les mesures de distanciation sociale.

Ces séances virtuelles pourraient se tenir d’ici quatre semaines, selon une lettre du président de la Chambre des communes, Anthony Rota, envoyée mercredi à tous les leaders parlementaires des partis.

Ce bras de fer qui oppose surtout le gouvernement et l’opposition conservatrice depuis 48 heures a été évoqué tant par le premier ministre Justin Trudeau que son ministre des Finances, Bill Morneau, qui craint que l’adoption du programme de subventions salariales soit retardée.

«De mon point de vue, c’est le temps d’aller de l’avant», a martelé le grand argentier de l’État, affichant une impatience certaine lors d’une conférence de presse à Toronto mercredi après-midi.

Il a insisté sur l’urgence de la situation, puisque de nombreuses entreprises veulent avoir la certitude qu’elles auront droit aux subventions salariales avant de réembaucher des employés.

Le PCC se défend

Mercredi matin, le porte-parole du Parti conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, a confirmé que son parti exige «une forme de période de questions» pour demander des comptes au gouvernement sur ses mesures d’aide qui atteignent maintenant 257 milliards $.

Il s’est cependant défendu d’en faire une condition à l’appui aux subventions salariales.

«La seule raison que nous revenons (au Parlement), (...) c’est qu’ils ont mal rédigé leur propre loi. C’est littéralement la seule raison. Ce n’est pas le Parti conservateur qui empêche la subvention», a renchéri M. Poilievre.

«Nous proposons simplement que les partis de l’opposition puissent poser des questions aux ministres», a-t-il ajouté.


« De mon point de vue, c'est le temps d'aller de l'avant »
Le ministre des Finances, Bill Morneau

Les néo-démocrates affirment qu’ils ne bloquent pas les négociations, mais souhaitent que le gouvernement augmente la subvention salariale et élargisse les critères d’admissibilité pour la Prestation canadienne d’urgence.

«Cette fois, il faut faire les choses correctement», a dit le chef Jagmeet Singh dans une déclaration.

L’attitude du Bloc québécois, qui multiplie les sorties pour tenter de bonifier le programme de subventions, a pour sa part été saluée par le ministre Morneau.

Siéger le week-end?

Le président de la Chambre des communes peut convoquer les parlementaires 48 heures après avoir donné son aval.

Un nombre réduit de députés pourraient donc siéger aux Communes au plus tôt lors de la fin de semaine de Pâques. Le projet de loi devra ensuite être adopté par le Sénat et recevoir la sanction royale.

Les différents partis ont une copie du projet de loi entre les mains depuis lundi en fin de journée.