Nathaly Dufour est devenue attachée politique de Martine Ouellet à l’Assemblée nationale avant que celle-ci devienne chef du Bloc québécois. Elle avait aussi assuré la direction intérimaire d’Option nationale après le départ de son chef Jean-Martin Aussant.

Nathaly Dufour, une candidate du PQ poussée vers la sortie

EXCLUSIF / La candidate déclarée du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Jean-Lesage, à Québec, retire sa candidature. Elle renonce à se présenter aux prochaines élections.

Accueillie à bras ouverts à la fin avril par le président de l’association péquiste de la circonscription, Paul Crête, Nathaly Dufour dit quitter parce qu’elle a compris que la haute direction du PQ la pousse finalement vers la sortie pour, selon toute vraisemblance, accointances avec l’indépendantiste Martine Ouellet.

Mme Dufour officialise son retrait à travers cette entrevue au Soleil.

Le directeur général du PQ, Alain Lupien, lui a fait comprendre récemment que sa candidature n’était plus désirée, explique-t-elle.

M. Lupien lui a d’abord dit au téléphone qu’on n’avait pas apprécié qu’elle écrive sur les réseaux sociaux que le député Yves St-Denis s’était comporté comme un «mononcle» — ce que tout le monde a pourtant affirmé lorsque ce dernier a confirmé qu’il avait bel et bien envoyé à une employée du Parti libéral du Québec une photo sexuellement explicite. M. St-Denis a été expulsé du caucus libéral lorsque cette histoire a été révélée à la mi-avril.

Nathaly Dufour ne pouvait croire que c’était pour cette raison qu’on la poussait vers la sortie. Elle a fini par comprendre, durant cette même conversation avec Alain Lupien, que le fait qu’elle soit attachée politique de la députée indépendante Martine Ouellet — qui a officiellement quitté la direction du Bloc québécois lundi — jouait contre elle. Et peut-être aussi le fait que lors de la dernière course à la direction du PQ, elle soit passée du camp de Véronique Hivon à celui de Mme Ouellet.

Tous ces éléments étaient connus lorsque le parti lui a fait rencontrer l’exécutif de l’association péquiste de Jean-Lesage, plaide-t-elle. Ce qui ne posait aucun problème a fini par en créer, semble-t-il.

«Ce cirque-là» …

Mme Dufour constate que son parti n’a encore arrêté aucune date pour tenir l’assemblée d’investiture qui aurait pu officialiser sa candidature — et lui permettre de faire campagne.

La direction cherchait même d’ailleurs depuis quelque temps un candidat ou une candidate à lui opposer. «Ils vont finir par trouver quelqu’un, et là toute la cavalerie va débarquer avec la Véronique-Mobile et tout ça pour me faire battre… Je n’ai pas envie de jouer dans ce cirque-là.»

Nathaly Dufour est devenue attachée politique de Martine Ouellet à l’Assemblée nationale avant que celle-ci devienne chef du Bloc québécois. Elle affirme n’avoir jamais rien eu à voir avec ce parti fédéral, non plus qu’avec ses déchirements.

Cette avocate avait assumé la direction intérimaire d’Option nationale après le départ de son chef Jean-Martin Aussant (revenu au PQ cet hiver). Elle a voulu se porter candidate du parti de Jean-François Lisée après avoir entendu les appels au «rassemblement» des forces souverainistes.

En entrevue au Soleil à la fin avril, Mme Dufour expliquait s’être ralliée tout naturellement à la décision de reporter tout référendum à un éventuel deuxième mandat d’un gouvernement du Parti québécois. Elle disait croire que la stratégie péquiste est celle qui permettrait d’atteindre le plus rapidement la souveraineté. «Le PQ demeure le véhicule pour rassembler, pour additionner», avait-elle affirmé en ajoutant qu’elle ne pensait pas que son ex-collègue d’Option nationale Sol Zanetti, qui porte aujourd’hui les couleurs de Québec solidaire dans Jean-Lesage, parviendrait à son objectif. Elle notait que «pour faire l’indépendance, il faut prendre le pouvoir».

Un candidat déclaré du Parti québécois dans la circonscription de Vachon — celle que représente actuellement à l’Assemblée nationale Martine Ouellet comme députée indépendante — est aussi de son côté incapable d’obtenir une date pour l’assemblée d’investiture qui confirmerait sa candidature. Ce candidat, Patrick Ney, est attaché politique de Mme Ouellet à son bureau de circonscription. Cette assemblée est sans cesse reportée, ce qui laisse croire à plusieurs que la direction du PQ ne souhaite pas non plus qu’il soit sur la ligne de départ.

Précisons que les dates de plusieurs assemblées d’investiture n’ont pas encore été arrêtées au PQ.

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DIANE LAVALLÉE SE PRÉSENTERAIT DANS TASCHEREAU

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, confirmera ce mardi que Diane Lavallée devrait succéder à la députée Agnès Maltais pour représenter son parti dans la circonscription de Taschereau aux prochaines élections. 

Mme Lavallée est une figure connue dans plusieurs milieux. Présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec de 1987 à 1993, elle est devenue par la suite gestionnaire dans la haute fonction publique québécoise. Elle a notamment été curatrice publique du Québec.