Jacques Daoust

Mort de l'ex-ministre libéral Jacques Daoust

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, estime que l'ex-ministre libéral Jacques Daoust, mort à l'âge de 69 ans, a fait «beaucoup pour le Québec».
M. Daoust avait été hospitalisé dans la région de Montréal après avoir subi un accident vasculaire cérébral (AVC), la semaine dernière.
M. Couillard a dit avoir parlé à l'un de ses fils, jeudi matin, pour lui transmettre ses condoléances.
«Jacques Daoust a été président des agences d'investissement pendant des années. Pendant son mandat comme ministre de l'Économie, il a fait en sorte par exemple qu'on aide Bombardier, qu'on acquière Pointe-Noire à Sept-Îles et que beaucoup de nos programmes s'améliorent, notamment pour les petits entrepreneurs», a déclaré M. Couillard en mêlée de presse à Hébertville-Station.
«Alors je crois qu'on doit lui être reconnaissant pour son service public. La politique, ce n'est jamais une chose facile, et il l'a connue sous tous les angles. Mais aujourd'hui, pensons à l'homme, pensons à sa famille, pensons au service public.»
Hommages
Les hommages se multipliaient jeudi après l'annonce de cette triste nouvelle, assez soudaine.
Investissement Québec a souligné que durant ses sept années comme pdg de l'agence, Jacques Daoust «a su faire rayonner le Québec à l'international».
«Il avait constamment à coeur le développement économique du Québec. Son engagement à l'égard des entreprises et de la mission de la Société a contribué à générer de la prospérité pour tous les Québécois», a affirmé la société d'investissement du gouvernement québécois dans un communiqué.
L'ancien premier ministre libéral Jean Charest a rappelé qu'il avait eu «le privilège» de travailler avec M. Daoust alors qu'il était à la tête d'Investissement Québec. «Cela m'a permis d'apprécier les efforts constants qu'il a déployés à la défense des intérêts économiques du Québec et de la population québécoise», a-t-il dit dans un communiqué.
«Nous avons réalisé ensemble plusieurs missions à l'étranger, en particulier la conférence de Davos, où j'ai pu apprécier sa très grande compétence à promouvoir le Québec à l'échelle internationale.»
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, son homologue de la Coalition avenir Québec, François Legault, et la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, ont présenté leurs condoléances à la famille de Jacques Daoust sur Twitter.
M. Daoust laisse dans le deuil deux fils et sa conjointe.
Vaste feuille de route
Né à Verdun en 1948, il a amorcé ses études universitaires à l'Université de Montréal, où il a obtenu un baccalauréat en arts. Il a ensuite obtenu un baccalauréat en administration des affaires de l'École des hautes études commerciales (HEC), ainsi qu'une maîtrise en administration des affaires de l'Université Laval.
M. Daoust a travaillé au ministère de la Défense nationale, aux Industries Valcartier et au groupe SNC.
Sa feuille de route est vaste en administration des affaires.
De 1986 à 1998, il a été premier vice-président aux ressources humaines et à l'administration de la Banque Nationale du Canada et premier vice-président du Trust Général du Canada. Il a ensuite été président et chef de la direction de Gestion de portefeuille Natcan, puis de Placements Banque Nationale.
Puis, pendant plusieurs années, il a oeuvré à la Banque Laurentienne, comme président et chef de la direction de BLC-Edmond de Rothschild gestion d'actifs, premier vice-président de Gestion du patrimoine et du courtage, premier vice-président des services financiers aux particuliers et président et chef de la direction de Trust La Laurentienne.
De 2006 à 2013, il a agi à titre de président et chef de la direction d'Investissement Québec.
Aide à Bombardier
En 2015, en compagnie d'Alain Bellemare, président de Bombardier, lors de l'annonce d'un investissement d'un millard $ dans l'avion commercial CSeries.
Élu député du Parti libéral dans Verdun en avril 2014, Jacques Daoust a occupé les fonctions de ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations d'avril 2014 à janvier 2016, puis de ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports jusqu'au 19 août 2016, date de sa démission comme député à la suite d'une controverse.
C'est pendant qu'il chapeautait le ministère de l'Économie que Québec a volé au secours de Bombardier en injectant 1 milliard $US dans la multinationale québécoise afin de l'aider à compléter le développement de son avion commercial CSeries, une décision ayant essuyé de nombreuses critiques.
Sa présence aux Transports a quant à elle été marquée, notamment, par le houleux dossier de la réglementation du service Uber, alors qu'il déposait un projet de loi encadrant l'industrie du taxi, qui fut adopté sous bâillon en juin 2016.
Départ de la vie politique
Jacques Daoust s'est par ailleurs retrouvé dans l'eau chaude en raison de son rôle présumé dans l'autorisation de la vente, par Investissement Québec, de 11 millions d'actions de Rona au géant américain Lowe's.
Les allégations entourant son implication ont provoqué son départ de la vie politique, même si l'ex-ministre a toujours assuré n'avoir pas eu vent de la transaction avant sa concrétisation.
Depuis sa démission, M. Daoust s'était notamment consacré au vignoble Les vignes de Bacchantes, à Hemmingford, en Montérégie, dont il était propriétaire avec son fils Sébastien.