Martine Ouellet a déposé les plus de 1000 signatures requises à la permanence du Bloc québécois.

Martine Ouellet officiellement candidate à la chefferie du Bloc

L'ex-députée péquiste devenue indépendante Martine Ouellet a déposé, dimanche, à Montréal, son bulletin officiel de candidature à la direction du Bloc québécois.
Mme Ouellet a déposé les plus de 1000 signatures requises à la permanence du Bloc, disant que le Bloc - avec ses dix députés - n'est pas «un dinosaure, mais plutôt un phénix», rappelant que peu avant de prendre le pouvoir à Ottawa, les conservateurs comptaient à un certain moment seulement deux députés.
Lors du point de presse, elle a attaqué les partis fédéraux rivaux sur le front de la protection de l'environnement et de l'exploitation du pétrole, ayant comme cheval de bataille l'opposition au projet d'oléoduc Énergie Est au Québec.
«Le Canada, c'est un pays pétrolier. [Le premier ministre Justin] Trudeau, qui était allé se pavaner à Paris - il nous avait fait du beau théâtre finalement - parce que là, on l'a découvert le vrai Justin Trudeau. Cette semaine, il a reçu un prix des pétrolières! Toute son action sur le pétrole, c'est ça le Canada, c'est ça Justin Trudeau. Nous autres au Québec, on n'en veut pas d'Énergie Est, d'aucune espèce de façon. Je pense que c'est assez clair. [...] Mais tant que le gouvernement n'est pas indépendant, ce n'est pas lui qui a la décision finale sur Énergie est, et ce n'est pas normal», a-t-elle déclaré.
À propos du Nouveau Parti démocratique (NPD), dont la «vague orange» avait pratiquement rayé le Bloc de la carte électorale au Québec en 2011, et qui compte présentement 44 députés, dont 16 au Québec, Mme Ouellet a dit croire qu'il n'y avait «plus vraiment d'intérêt pour le NPD au Québec».
«Le NPD est aussi, comme les autres partis fédéralistes, aligné sur le pétrole. Avec le NPD de l'Alberta, qui est vraiment dans un État pétrolier, ils sont pris dans leur contradiction, complètement. Et ça, ça va complètement à l'encontre des volontés du Québec», a poursuivi Mme Ouellet.
Concernant le fait qu'elle compte demeurer députée indépendante à l'Assemblée nationale, à Québec, si elle est élue chef du Bloc, Mme Ouellet a fait valoir que tous les chefs de parti cumulaient les responsabilités, et qu'entre Ottawa, sa circonscription de Vachon, en Montérégie, et Québec, «il y a moins de temps de transport que certains collègues qui restent par exemple en Gaspésie».
Pour officialiser leur candidature, les aspirants à la direction du Bloc doivent obtenir au moins 1000 signatures de membres du parti provenant d'au moins 25 circonscriptions. Un dépôt de 15 000 $ est également exigé.
Saut au fédéral
La députée de Vachon à l'Assemblée nationale tente donc de se lancer en politique fédérale, après deux tentatives infructueuses d'accéder à la chefferie du Parti québécois.
Que ce soit sur le pétrole, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ou les paradis fiscaux - des sujets abordés dimanche par la candidate - la souverainiste convaincue a dit croire que «défendre les intérêts du Québec et préparer l'indépendance allaient de pair».
Mme Ouellet a dit vouloir poursuivre son projet d'outil d'information Les 50+1 réponses pour l'indépendance, en collaboration avec «au premier chef le Parti québécois, mais aussi Québec solidaire, Option nationale, et l'ensemble des mouvements souverainistes indépendants de la société civile, comme le Oui Québec».
Questionné sur le nouveau venu comme aspirant porte-parole de Québec solidaire, l'ancien leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois, Mme Ouellet a parlé d'une bonne nouvelle pour l'ensemble du mouvement souverainiste, et a dit croire qu'elle «le rejoignait sur plusieurs points», notamment l'opposition à Énergie Est.
Sept députés du Bloc soutiennent la candidature de Mme Ouellet, dont Xavier Barsalou-Duval et Monique Pauzé.
Pour l'instant, un seul autre candidat a manifesté l'intention de succéder à Gilles Duceppe, soit Félix Pinel, un candidat défait du Bloc dans la circonscription de Rivière-des-Mille-Île en 2015.
Les candidatures sont acceptées jusqu'au 15 mars, et l'élection du nouveau chef aura lieu le 22 avril.