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Martine Ouellet crée un nouveau parti écologiste et souverainiste, «Climat Québec» [VIDÉO]

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
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Martine Ouellet n’a pas dit son dernier mot.

L’ex-ministre péquiste et ancienne cheffe du Bloc québécois reprend du service et annonce qu’elle crée un nouveau parti politique, à la fois écologiste et indépendantiste.

Comme son nom l’indique, la raison d’être du parti Climat Québec sera la lutte acharnée aux changements climatiques, une tâche qui ne sera possible selon sa cheffe que si le Québec accède à sa souveraineté.

Son parti a été lancé vendredi et Mme Ouellet ambitionne de présenter une équipe de 125 candidats lors des prochaines élections générales, en octobre 2022.

«Je n’ai pas dit mon dernier mot», lance-t-elle, en entrevue téléphonique, disant avoir tiré des leçons des déconvenues politiques vécues dans le passé, tant à Québec qu’à Ottawa, au Parti québécois (PQ) comme au Bloc québécois (BQ).

Chose certaine, beaucoup de travail l’attend d’ici l’échéance électorale et elle devra prendre les bouchées doubles pour se placer sur la ligne de départ à temps: enregistrer le parti auprès du Directeur général des élections, rédiger les statuts, organiser un congrès de fondation, monter une organisation, trouver du financement, recruter des membres et des candidats, bâtir un programme et une plateforme électorale. Tout cela en une année et des poussières.

Une cheffe «rassembleuse»

Mais rien n’arrête Martine Ouellet, une politicienne combative et entière, qui a su rebondir échec après échec, défaite après défaite.

Elle demeure évasive quand on lui demande comment elle gagne sa vie, depuis son départ précipité et forcé de la direction du Bloc québécois, en juin 2018.

Dans les mois qui ont suivi, elle dit s’être rapprochée de sa famille, a fondé un mouvement en faveur de l’indépendance du Québec, puis un magazine ayant le même objectif, et écrit sa biographie. En marge de son action politique, elle écrit présentement un livre sur l’histoire du Québec, vue du bout souverainiste de la lorgnette.

Elle dit vouloir être une cheffe rassembleuse, ce qui n’était pas exactement sa marque de commerce dans le passé, et dit pouvoir déjà compter sur de nombreux appuis.

Martine Ouellet

La cheffe de Climat Québec ne croit pas, par ailleurs, que ce nouveau parti viendra encore plus diviser le vote souverainiste, puisque son initiative vise précisément à combler un vide politique.

Il n’empêche qu’à compter de maintenant sa formation entre en concurrence directe avec le Parti québécois (PQ), dont elle est issue, et Québec solidaire, tous les deux étant des partis politiques souverainistes et tous les deux étant très préoccupés par les questions environnementales. Il y aura donc trois partis à se partager les électeurs sensibles à ces deux enjeux lors du scrutin d’octobre 2022.

Malgré cela, selon elle, «il y a vraiment un vide politique», donc «tous les potentiels sont accessibles» à Climat Québec, car une grande proportion d’électeurs ne se reconnaissent pas dans l’offre politique actuelle.

«Les Québécois ne sont pas enracinés dans un élan électoral à travers une formation politique», estime la cheffe de Climat Québec, le seul parti, selon elle, apte à «sortir du déni» et à s’attaquer de toute urgence à la crise climatique, l’enjeu qui doit englober tous les autres et avoir préséance sur tout autre.

«Le temps des tergiversations est largement dépassé», a-t-elle écrit sur sa page Facebook, au moment de lancer sa formation politique.

«Soyons réalistes, la survie du monde tel que nous le connaissons est en péril. Le réchauffement climatique n’est plus une menace, mais une fatalité, une crise qui doit être traitée en priorité absolue. Il faut collectivement sortir du déni. Nous n’avons pas le choix», écrit-elle, estimant que désormais «le climat doit devenir le prisme à travers lequel tous les autres enjeux sont évalués».

L’ingénieure de formation qualifie la politique de «sport extrême», où «les attaques personnelles et mesquines sont permises, tolérées». C’est ainsi qu’elle fait référence à son bref et traumatisant passage au Bloc québécois, qu’elle a dirigé de 2017 à 2018, avant d’en être chassée lors d’un vote de confiance des membres, qui avait suivi le désaveu de la majeure partie de son caucus.

Elle attribue le rejet sans équivoque du Bloc à son endroit à «une conjoncture, un héritage et une lutte de pouvoirs» à l’interne, plutôt qu’à son style de leadership, avant d’ajouter qu’elle était «passée à autre chose» depuis, en ayant su tirer des leçons de cette «douloureuse» expérience.

Auparavant, elle avait essuyé coup sur coup deux échecs cuisants, quand elle avait été candidate au leadership du PQ, d’abord en 2015, puis en 2016. Dans les deux cas, aucun député péquiste ne l’avait appuyée dans sa démarche.

Sa carrière politique a débuté en 2010, quand elle a été élue sous la bannière péquiste dans Vachon. Elle a été réélue en 2012 et 2014. Pauline Marois l’avait nommée ministre des Ressources naturelles, de 2012 à 2014. Elle a quitté l’Assemblée nationale en 2018, après avoir siégé comme indépendante à la fin de son mandat.