La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, assure que Catherine Dorion (photo) «n’est pas le monstre que certains tentent de dépeindre».

Manon Massé: «Les gens découvrent Catherine»

Tout comme la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir, Québec solidaire (QS) a perdu des plumes dans les intentions de vote, selon un récent sondage. L’attention portée aux vêtements de Catherine Dorion a parfois déguisé le message de la deuxième opposition, mais «les gens, tranquillement, découvrent Catherine et apprennent à la connaître», s’encourage Manon Massé, donnant son propre cas en exemple.

Avant l’épisode du coton ouaté, qui a empêché Mme Dorion de siéger durant une journée, il y a eu la photo d’Halloween et du «costume de députée» de la députée de Taschereau. L’hiver dernier, c’était ses bottes Doc Martens et les jeans de son collègue Sol Zanetti.

«C’est vrai qu’on a beaucoup entendu parler des vêtements de Catherine Dorion dans les derniers mois. Mais je l’ai surtout vue prendre des positions très fortes sur le patrimoine, les relations internationales, etc.» a affirmé la co-porte-parole et cheffe parlementaire de QS, mercredi matin.

«Je vais me prendre en exemple, a continué Mme Massé. Quand je suis arrivée [en 2014], j’étais la bibitte que le monde aimait bien rappeler que j’étais différente, que comment ça se fait que Québec solidaire avait ça entre ses pattes. Aujourd’hui, plus personne ne parle de ma moustache. Les gens ont vu de quel bois je me chauffe. On fait notre travail sur le terrain et je vous dis que sur le terrain, Mme Dorion n’est pas le monstre que certains tentent de dépeindre.»

Selon les coups de sonde Léger-Le Journal de Québec/Montréal, les intentions de vote pour Québec solidaire ont fondu du tiers dans les huit derniers mois, soit de 15 %, en mars, à 10 %, en novembre. «On a vu le sondage comme vous. Mais si on avait écouté les sondages à la dernière élection, on n’aurait pas eu 10 députés», résume Mme Massé.

Longue lune de miel

Au gouvernement, le premier ministre avouait ne pas être surpris d’une baisse de six points de pourcentage pour son camp, de 44 % en mars à 38 % maintenant. Ce qui place quand même la CAQ loin en tête devant le Parti libéral du Québec (PLQ), à 27 %, et le Parti québécois, à 19 %.

«On s’y attendait. On se demandait quand ça arriverait. J’étais surpris que ce ne soit pas arrivé avant!» a reconnu François Legault, en mêlée de presse. Répondant ensuite aux questions des journalistes anglophones, M. Legault a confié que la lune de miel avait duré plus longtemps qu’espéré. «Après 13 ou 14 mois... Ma lune de miel avec ma femme n’a pas duré 14 mois! Je l’aime encore, mais notre lune de miel n’a pas duré 14 mois», a-t-il laissé tomber, déclenchant les rires des représentants des médias.

Le premier ministre estime «que quand on fait des changements, on bouscule. Mais l’important pour moi, c’est de respecter nos promesses. Ce n’est jamais facile de faire des changements. On le voit en immigration, on ne peut pas avoir tous les Québécois qui nous soutiennent». L’implantation des maternelles quatre ans a aussi fait des mécontents.

«Je continue à dire à mes députés, à mes ministres, qu’il faut rester humble, rester à l’écoute des citoyens et travailler plus fort.» Quant aux récents débordements au Salon bleu, rien pour redorer le blason parlementaire, «on n’est jamais à l’abri d’une certaine arrogance, reconnaît le premier ministre. Mais il faut dire que quand nos adversaires sont arrogants, c’est difficile de ne pas répliquer. Il faut respirer», conclut M. Legault.

Un mauvais coton

Libéraux (+ 6 %) et péquistes (+ 4 %) sont en progression, toujours selon ce même sondage. Chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand se réjouit qu’il «commence à y avoir des fissures dans l’armure de la CAQ, tant mieux».

Quant à Pascal Bérubé, le chef par intérim péquiste se frotte les mains de voir son parti reprendre le troisième rang dans les intentions de vote avec près du double des appuis (19 % contre 10 %) de Québec solidaire, l’autre parti indépendantiste. À propos de QS, M. Bérubé s’est permis cette ligne humoristique : «Peut-être qu’ils filent un mauvais coton...» en référence au coton ouaté de Mme Dorion.