Philippe Couillard

Lutte au terrorisme: Couillard rappelle la responsabilité des musulmans

Le premier ministre Philippe Couillard rappelle à la communauté musulmane sa responsabilité dans la lutte contre une perversion de l'Islam au nom de laquelle sont commis des attentats.
Au lendemain de l'assaut d'un Québécois d'origine tunisienne contre un policier à l'aéroport de Flint, au Michigan, M. Couillard a mis un bémol à l'expression «loup solitaire» utilisé pour décrire l'assaillant.
«Il y a une influence globale autour de ça, a dit le premier ministre, de passage au domaine Cataraqui. On ne peut pas dissocier cet acte-là de la version pervertie de l'islam radical que certains dans cette communauté religieuse font circuler. J'appelle à la responsabilité partagée de la société.»
La communauté musulmane est mobilisée et elle a déjà dénoncé les attentats terroristes commis au nom de l'islam, souligne M. Couillard. «J'entends régulièrement des imams dire que ce n'est pas ça, l'islam, a indiqué le premier ministre. Mais il faut le dire très fortement, et surtout, entre eux également. À l'intérieur de leurs débats religieux et théologiques.»
L'immense majorité des citoyens de confession musulmane dans le monde rejette «radicalement» les attentats terroristes. La société d'accueil a aussi des responsabilités d'inclusion, de sécurité et de prévention, a noté le premier ministre.
«Ça ne changera rien aux efforts qu'on fait pour combattre et prévenir le terrorisme, a dit M. Couillard. Mais ça appelle toute la société à jouer un rôle, y compris la communauté d'accueil et la communauté musulmane.»
Les mots du premier ministre arrivent au lendemain de ceux «très juste» du nouveau président de la République française, Emmanuel Macron, qui a appelé les autorités musulmanes à être fermes dans la dénonciation des crimes commis au nom d'une «perversion de l'image de l'islam».
Mais il n'est pas question pour le gouvernement du Québec de tenter de s'ingérer dans la façon dont la foi est enseignée ou propagée. «Moi, je recommande que l'État ne se mêle pas directement de la gouverne des religions», a dit M. Couillard.
Aucune menace
Le chef de l'État québécois ne craint pas pour le moment que les Québécois soient l'objet d'une vérification particulière à la frontière américaine en raison des événements de Flint. La délégation du Québec à Chicago a été très active au cours des dernières heures, a assuré M. Couillard. «Il s'agit bien sûr d'un acte dont on ne peut pas faire retomber la responsabilité sur la population du Québec», a dit M. Couillard, qui appelle à mettre dans la balance le nombre de personnes qui traversent la frontière chaque jour.
Aucune menace hors de l'ordinaire ne plane présentement au-dessus du Québec, qui n'échappe toutefois pas à la réalité planétaire. «On fait partie d'un monde instable et risqué, a rappelé M. Couillard. Il faut prendre nos responsabilités, mais pas nos habitudes de vie et nos valeurs. Ce que ces gens veulent détruire, ce sont les sociétés démocratiques, tolérantes, ouvertes. [...] Ne leur donnons pas la victoire de devenir frileux de ne plus oser vivre et affirmer les valeurs qui sont les nôtres.»