Anne Marcotte

Louis-Hébert: le cabinet de Couillard a consulté Labeaume

Le cabinet du premier ministre Philippe Couillard a consulté le maire de Québec, Régis Labeaume, afin d'avoir son avis sur le candidat qu'il souhaiterait voir pour l'élection partielle dans Louis-Hébert en remplacement d'Éric Tétrault, a appris Le Soleil.
Un exercice auquel ne s'est pas livré le Parti libéral du Québec (PLQ) avant de choisir l'ex-président de Manufacturiers et exportateurs du Québec comme candidat pour tenter de succéder à Sam Hamad, a précisé l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin. Celui-ci n'a cependant pas voulu dire quelle a été la réponse du maire. 
L'attaché de presse du premier ministre confirme également qu'il y a eu un contact entre le cabinet de Philippe Couillard et M. Labeaume. «C'est une conversation privée», s'est contenté d'affirmer Charles Robert. 
Le maire de Québec entretenait d'excellents liens avec Sam Hamad, qui a été ministre de la Capitale-Nationale. Il le considérait même comme un ami et lui avait rendu hommage en avril lorsque ce dernier a tiré sa révérence. Régis Labeaume avait également plaidé pour son retour au cabinet des ministres en 2016 lorsque celui-ci avait été écarté en raison d'allégations de trafic d'influence qui pesaient contre lui. 
Selon les informations du Soleil, le PLQ avait dans sa mire trois femmes cette semaine pour succéder à Éric Tétrault qui a déclaré forfait après la mise au jour d'un rapport datant de 2014 selon lequel il aurait harcelé et intimidé des employés alors qu'il était directeur des affaires publiques chez ArcelorMittal. Il s'agit d'Ihssane El Ghernati, attachée politique au bureau de l'ex-député Sam Hamad depuis neuf ans, et de la femme d'affaires Anne Marcotte. Il n'a pas été possible de connaître le nom de la troisième candidate. 
Or, Mme Marcotte a déjà tenu des propos très durs à l'endroit du maire de Québec, qui a déjà été président de la Fondation de l'entrepreneurship, lui reprochant notamment d'avoir retourné sa veste au sujet des entrepreneurs après avoir accédé aux plus hautes fonctions à l'hôtel de ville.  
Flirt avec la CAQ
Selon nos sources, Anne Marcotte aurait par ailleurs approché la CAQ plusieurs semaines avant l'officialisation de la candidature de l'ex-banquier, Normand Sauvageau. Puis, elle est revenue à la charge rapidement après l'annonce du désistement de ce dernier qui a été pris de remords après avoir caché à son parti les raisons de son départ à la Banque Scotia. L'ex-banquier aurait aussi été mêlé à une histoire de harcèlement envers d'autres employés.
Lors de cette ultime tentative, Mme Marcotte aurait même fait valoir que les libéraux la désiraient dans leur camp. La CAQ avait cependant déjà jeté son dévolu sur la porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault, dont la candidature sera officialisée dimanche après-midi.
Mme Marcotte n'a jamais caché sa volonté de se présenter en politique et n'a pas nié vouloir un jour le faire lors d'un bref entretien avec Le Soleil, vendredi matin. Mais celle-ci n'a pas voulu répondre lorsque questionnée si elle était pressentie candidate pour le PLQ ou si elle avait contacté la CAQ. «Il n'y a pas de nouvelle à annoncer», a-t-elle répété, disant ne pas comprendre le brouhaha médiatique autour d'elle avant de mettre fin à l'appel. Le PLQ n'a pas souhaité commenter «les rumeurs sur les possibles candidatures».