Véronique Hivon souhaite introduire la rémunération mixte des médecins, en plus de geler leur salaire. Ces mesures ont également été proposées par Jean-François Lisée, mais elle juge sa démarche différente de celle de son adversaire qui, selon elle, veut surtout économiser des fonds publics.

L'opposition unie derrière le scrutin proportionnel

Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale se sont concertés pour presser le gouvernement Couillard de réformer le mode de scrutin au Québec. Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont tour à tour réclamé, jeudi, que le gouvernement promeuve, avec eux, un «mode de scrutin proportionnel mixte régional». Les libéraux ne paraissent pas du tout enclins à prendre cette direction.
La chose est rare. L'opération politique avait été planifiée et organisée. À la période des questions, la péquiste Véronique Hivon, le caquiste Simon Jolin-Barrette et la solidaire Manon Massé ont regroupé leurs tirs.
«On invite la ministre responsable du dossier et son parti à accepter d'embarquer dans le train pour qu'on se présente tous et toutes à la prochaine élection avec un engagement commun pour qu'en 2022, on ait un nouveau mode de scrutin», a lancé Véronique Hivon en guise de coup d'envoi.
Mais la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, estime que le Québec serait globalement perdant s'il adoptait un mode de scrutin proportionnel. «Les Québécois veulent un système de scrutin qui est facile à comprendre et qui est simple, un système qui va produire des gouvernements stables et forts avec des députés qui représentent leur région.»
Elle a laissé entendre que le Parti québécois fait du marketing politique avec ce dossier, puisqu'il l'a maintes fois inscrit dans son programme sans jamais agir, et qu'il ne l'a formellement réactivé que pour se rapprocher de Québec solidaire. Elle a rappelé que des travaux ont été menés sur le sujet dans les années 2000, y compris des «états généraux», et qu'ils n'ont débouché sur rien.
Un mode de scrutin proportionnel entraînerait l'élection de plus de gouvernements minoritaires, plutôt que majoritaires. Pour former un gouvernement, des partis devraient sans doute aussi tisser des alliances, a déploré Mme De Santis.
Il n'y a jamais eu de consensus dans ce dossier «parce que les Québécois préfèrent la stabilité», a répété la ministre avant de laisser tomber que, «à date, le système que nous avons nous sert bien».
Plus tard, devant des journalistes, Mme De Santis a senti le besoin de préciser que ce «nous» englobait tous les citoyens du Québec et pas seulement le Parti libéral, qui a d'ailleurs perdu le scrutin général de 1998 même s'il avait engrangé plus de suffrages que le Parti québécois.
Meilleure représentation
En 2014, la Coalition avenir Québec avait proposé un «mode de scrutin proportionnel mixte avec des listes régionales». Un tel mode de scrutin «assurerait une meilleure parité entre les hommes et les femmes, une représentation plus juste des communautés ethnoculturelles et des jeunes, ainsi qu'une représentation accrue des régions», a fait valoir le caquiste Jolin-Barrette.
«Le mode de scrutin uninominal à un tour favorise l'alternance entre deux partis et ne permet pas l'émergence des idées nouvelles», a pour sa part argué Manon Massé.
Rien n'indique donc que le Parti libéral du Québec s'engagera à faire en sorte «que la prochaine élection soit la dernière avec le mode de scrutin actuel», comme l'ont demandé à l'unisson les partis d'opposition.
La semaine dernière, sur la scène fédérale, le gouvernement de Justin Trudeau a mis de côté l'engagement pris par le Parti libéral du Canada en campagne électorale de réformer le mode de scrutin. «Nous n'avons pas pu dégager le vaste consensus nécessaire pour effectuer un changement de cette ampleur», s'est justifiée la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould. Un recul qui a soulevé un tollé chez les partis d'opposition à la Chambre des communes. Ils ont accusé le gouvernement fédéral d'alimenter le cynisme des citoyens.