Le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, en conférence de presse à Québec, mardi  
Le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, en conférence de presse à Québec, mardi  

L’opposition libérale veut entendre le Dr Arruda en commission parlementaire

Caroline Plante
La Presse Canadienne
À moins d’un revirement, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, comparaîtra devant des députés de l’Assemblée nationale pour répondre à leurs questions.

François Legault a répondu positivement, mardi, à une demande du Parti libéral du Québec (PLQ), qui veut pouvoir échanger directement avec le Dr Arruda pour une première fois depuis le début de la pandémie.

«On n’a rien à cacher, a déclaré le premier ministre en conférence de presse. Moi, je suis ouvert à ce que le Dr Arruda puisse effectivement aller répondre aux questions des députés.»

Assis à ses côtés, le principal intéressé a également acquiescé à la demande. «Si on me demande de me présenter, je vais, bien entendu, (...) me présenter», a-t-il dit.

Aucune date n’a été fixée, M. Legault ayant soigneusement évité à plusieurs reprises lors de la période des questions de s’engager à tenir l’audition avant la fin de la session parlementaire, le 11 décembre.

«Évidemment, (le Dr Arruda) est un petit peu occupé actuellement, donc il faut voir quel est le meilleur moment pour faire ça», a-t-il affirmé plus tôt en conférence de presse.

Plusieurs questions

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade, a fait savoir mardi que son parti avait officiellement demandé un mandat d’initiative à la Commission de la santé et des services sociaux (CSSS).

Puisque cette commission est composée majoritairement d’élus caquistes, le premier ministre doit donner son aval afin qu’elle puisse entreprendre un mandat.


« On n’a rien à cacher. Moi, je suis ouvert à ce que le Dr Arruda puisse effectivement aller répondre aux questions des députés »
François Legault

En point de presse à l’Assemblée nationale, Mme Anglade a rappelé que jamais en neuf mois de pandémie les élus n’ont pu échanger directement avec le Dr Arruda.

Elle a dit vouloir entre autres le questionner sur le plan pour Noël, maintes fois modulé, et sur la pertinence de déployer des tests rapides pour tenter de minimiser la propagation de la COVID-19.

Mme Anglade aimerait en outre que le Dr Arruda s’explique sur ses divergences d’opinions avec le Dr Anthony Fauci, figure scientifique très respectée aux États-Unis.

Horacio Arruda a répondu la semaine dernière à un journaliste qu’au Québec, il ne serait pas nécessaire de tester les personnes asymptomatiques avant d’entamer la période des Fêtes.

«Dr Arruda a dit qu’il aurait bien aimé pouvoir expliquer au Dr Fauci sa vision des choses. (...) Pourquoi il ne vient pas l’expliquer directement aux parlementaires?» a lancé la cheffe libérale.

Il s’agit en somme d’un «test de transparence» pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), a-t-elle ajouté.

«Le gouvernement Legault nous dit : «Nous sommes transparents». (...) Jamais nous n’avons eu accès au directeur de la santé publique. Je pense qu’il est plus que temps qu’il réponde à nos questions.»

Essoufflement

Dans sa lettre adressée à la CSSS, la porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit, dit avoir constaté «une forme d’essoufflement» dans une partie de la population.

Selon elle, cette situation découle de «certaines incohérences dans le discours gouvernemental». Les Québécois, dit-elle, veulent mieux comprendre comment la santé publique conseille le gouvernement.

«Le processus de formulation des avis que la Direction de la santé publique donne au gouvernement mériterait d’être explicité», a-t-elle plaidé, en proposant une audition d’une durée de trois heures.

Le PLQ a précisé mardi que sa demande ne se substitue pas à celle de tenir une enquête publique sur la gestion de la crise sanitaire qui a fait plus de 7000 morts au Québec.