La députée péquiste Diane Lamarre et son collègue caquiste François Paradis affirment que le gouvernement libéral n'a pas amélioré l'accès aux soins de santé.

L'opposition dénonce «l'échec» de la réforme Barrette

La réforme Barrette ne porte pas ses fruits et n'est parvenue qu'à épuiser les travailleurs du réseau et à déshumaniser les soins aux patients, déplorent à l'unisson les partis d'opposition.
«C'est un échec», constate la porte-parole péquiste en matière de santé, Diane Lamarre. Deux ans et demi après sa prise des rênes, le ministre Gaétan Barrette n'est pas parvenu à améliorer sensiblement l'accès aux soins de santé, estime-t-elle. 
Au-delà des statistiques sur les Québécois qui ont un médecin de famille, encore faut-il qu'ils puissent de le voir, fait valoir Mme Lamarre. «Les gens continuent d'être obligés d'aller à l'urgence», constate la députée péquiste. 
Le ministre résiste à une utilisation accrue des infirmières praticiennes spécialisées, indique Mme Lamarre, ce qui explique «pourquoi les urgences n'ont pas été plus libérées». 
La réforme a concentré les pouvoirs dans les «mains d'un seul homme» qui gère «dans un spectre de confrontation», déplore le caquiste François Paradis. «On a déshumanisé ce réseau-là, dit le député de Lévis. On va devoir revenir vers le patient. Il va falloir faire du chemin vers l'arrière pour le "réhumaniser".»
Malgré la réorganisation du réseau, la bureaucratie demeure omniprésente, dit M. Paradis. Et les promesses d'accès adapté aux médecins n'ont pas donné les résultats espérés. Les patients doivent toujours se rendre à l'aube à des cliniques sans rendez-vous ou téléphoner précipitamment dès que les plages horaires des médecins sortent, note-t-il. Le ministre a aboli le poste de commissaire à la santé et au bien-être parce qu'il ne voulait plus entendre ses critiques, poursuit-il. 
«Ce qui m'inquiète, c'est que le ministre refuse d'entendre les cris du coeur de la base du réseau, dit M. Paradis. Il a toujours cette façon de dire que ça n'existe pas. Ça donne l'impression qu'ils ne sont pas pris au sérieux.»
Catastrophe
Jamais le député solidaire Amir Khadir n'a-t-il été témoin d'un tel mécontentement du réseau «à tous les niveaux». De la préposée aux bénéficiaires aux gestionnaires eux-mêmes, «tout le monde dit que c'est une catastrophe», affirme le député de Mercier. 
«On dit littéralement que c'est en train de s'écrouler, déclare M. Khadir. Il y a une démoralisation inédite à tous les échelons.» L'épuisement professionnel guette les travailleurs du réseau, continue le député solidaire. «Ce qui s'annonce, c'est une catastrophe, croit-il. Ça va coûter cher parce que cet épuisement, c'est des congés de maladie qu'on doit remplacer à fort coût.»
Un autre mandat de Gaétan Barrette à la tête de la Santé aboutirait sur un réseau amoché, en partie privatisé, dépouillé de son personnel et de ses compétences, où le temps d'attente aura augmenté, selon M. Khadir.