Le caquiste Marc Picard indique qu'on estime à plus de 1,2 million le nombre de personnes qui s'occupent d'un proche à autonomie restreinte au Québec. Soixante pour cent d'entre elles sont sur le marché du travail.

Loi sur les normes du travail: vers la reconnaissance des «proches aidants»

La ministre du Travail, Dominique Vien, «prend acte» de l'invitation de la Coalition avenir Québec de reconnaître les «proches aidants» dans la Loi sur les normes du travail. Un tel changement constituerait une petite révolution sociale, selon les associations représentant tous ces Québécois.
Le caquiste Marc Picard a présenté, mercredi, un projet de loi visant à permettre à tout proche aidant de prendre 10 journées de congé par année, sans solde, «afin de fournir des soins ou du soutien à un proche, que ce dernier soit membre ou non de sa famille immédiate».
Selon ce projet, la Loi sur les normes du travail tiendrait ainsi compte de tout salarié «qui n'est pas nécessairement un membre de la famille immédiate de la personne qui requiert des soins»; un voisin ou un ami, par exemple. M. Picard propose que la loi offre à ces Québécois le même répit auquel ont déjà droit les salariés pour «remplir leurs obligations parentales ou en raison de l'état de santé d'un membre de leur famille».
Il préconise aussi de permettre le fractionnement de ce congé de 10 jours en demi-journées ou en heures (si l'employeur y consent).
Également, de porter de 12 à 17 semaines la période durant laquelle un salarié peut s'absenter du travail sur une période de 12 mois lorsque sa présence est requise auprès de son enfant, de son conjoint, de l'enfant de son conjoint, de son père, de sa mère, du conjoint de son père ou de sa mère, d'un frère, d'une soeur ou de l'un de ses grands-parents ou «d'un proche avec ou sans lien de parenté» en raison d'une maladie ou d'une blessure grave. Si cette maladie ou cette blessure comporte un risque de décès important, l'absence de l'employé pourrait s'étirer jusqu'à 28 semaines (tout en maintenant cette possibilité jusqu'à 104 semaines pour le parent dont l'enfant présente un «risque élevé» de décéder).
Mesures de concordance
La coordonnatrice générale du Regroupement des aidants naturels du Québec, Irène Demczuk, estime que le Québec doit suivre la voie ouverte récemment par le gouvernement canadien. Elle voit dans la proposition de la CAQ de nécessaires «mesures de concordance» avec Ottawa.
«On a fait des gains très importants cette année au plan fédéral avec une nouvelle prestation de compassion. Les travailleurs et les travailleuses proches aidants au Québec vont pouvoir s'absenter 15 semaines du travail pour s'occuper d'un proche, mais la loi québécoise sur les normes ne les protège pas. Ils pourraient perdre leur lien d'emploi à cause de ça!»
Marc Picard indique qu'on estime à plus de 1,2 million le nombre de personnes qui s'occupent d'un proche à autonomie restreinte au Québec. Soixante pour cent d'entre elles sont sur le marché du travail.
La ministre Dominique Vien s'est montrée intéressée par ses propositions, mais pas aussi empressée qu'il le voudrait. C'est dans le cadre de la révision de la Loi sur les normes du travail que son ministère s'y penchera.
De telles propositions pourraient devenir l'un des volets d'une série de changements à venir, dont l'un, a plusieurs fois insisté le premier ministre Philippe Couillard ces derniers jours, pourrait bonifier le régime de vacances des Québécois - ceux assujettis à la Loi sur les normes du travail.
«Nous en sommes rendus à revisiter cette loi, a rappelé Mme Vien. Nous le ferons avec un oeil neuf et un esprit ouvert.»