Déposée lundi soir, la loi spéciale de Pierre Moreau force le retour au travail des quelque 1100 avocats et notaires de l'État québécois dès mercredi matin.

Loi spéciale: une entente ou moins d'argent pour les juristes

La loi spéciale de Pierre Moreau prévoit des jours de négociation supplémentaires avec les juristes de l'État. Mais, en cas d'échec, ceux-ci se verront imposer les hausses salariales les moins généreuses de toute la fonction publique. Et de loin.
Déposée lundi soir, la loi force le retour au travail des quelque 1100 avocats et notaires de l'État québécois dès mercredi matin. 
Il est question de continuer «avec diligence et bonne foi» les pourparlers pendant une période de 45 jours. Si des désaccords persistent, ils seront soumis à un médiateur nommé par le ministère du Travail. Celui-ci aurait un autre mois pour tenter de rapprocher les parties, mais ne se pencherait pas sur la question de l'indépendance des juristes.
À première vue, à défaut d'entente, Québec imposera alors une augmentation salariale passablement moindre que celle prévue à ses dernières offres. La hausse de 2,1% attendue pour 2019-2020 semble complètement disparue. L'entente imposée serait donc de 7,05% sur cinq ans. L'ensemble des fonctionnaires du front commun ont obtenu 9,15% sur 5 ans lors des négociations de 2015. 
Il n'a pas encore été possible de corroborer cette analyse auprès des sources officielles, lundi soir.  
Lundi, autant le président du Conseil du Trésor que le premier ministre Philippe Couillard ont expliqué les raisons pour lesquelles ils jugent que les juristes n'ont pas le même statut que les procureurs. Ils se disent toutefois ouverts à en discuter.
Les avocats et juristes de l'État québécois sont en grève depuis le 26 octobre.