Dominique Anglade cherche à se positionner comme une ardente défenderesse du français dans une optique d’interculturalisme pour créer un environnement dépourvu de discrimination.

Loi 21: Dominique Anglade ne renouvellerait pas la disposition de dérogation

MONTRÉAL — Un gouvernement libéral dirigé par Dominique Anglade ne renouvellerait pas la disposition de dérogation — communément appelée la clause nonobstant — pour la loi 21 sur la laïcité.

En lançant officiellement sa campagne à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), vendredi à Montréal, Mme Anglade a clairement affirmé que son parti ne pourrait en aucun cas renouveler une disposition «qui fait en sorte qu'une loi ne passe pas le test des tribunaux».

Tout en affirmant que personne ne conteste la nécessité d'un État laïc, Mme Anglade a dit n'avoir aucune réticence à voir la Loi sur laïcité être invalidée, un dénouement prévisible si elle est dépourvue de la disposition qui lui permet d'échapper aux contraintes de la Charte des droits et libertés. Elle a fait valoir que le religieux n'a jamais eu d'impact sur les décisions prises par les gouvernements dont elle a fait partie.

En lançant sa campagne entourée de plusieurs députés qui l'appuient et d'un groupe d'environ 75 militants enthousiastes, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne a placé au sommet de ses priorités la nécessité pour le parti «de reconnecter avec les Québécois», mais aussi avec ses propres militants, reconnaissant d'emblée que le lien entre le PLQ et ses membres et avec la population avait été fragilisé au cours des dernières années.

Elle s'est aussi engagée à adopter une «Charte des régions» dans laquelle la spécificité de chaque région serait reconnue afin de leur accorder davantage d'autonomie et d'assurer un arrimage à la carte des programmes et interventions gouvernementales plutôt que des solutions «mur-à-mur».

Dominique Anglade a cherché à se positionner comme une ardente défenderesse du français dans une optique d'interculturalisme pour créer un environnement dépourvu de discrimination.

Par ailleurs, elle a identifié les changements climatiques comme étant le plus grand défi auquel tout gouvernement doit s'attaquer et dit être en mesure de tracer une voie entre «les mesures radicales de Québec solidaire et l'absence totale de conviction environnementale de François Legault», une approche libérale «fondée sur la science et les réalités de notre territoire».

Elle entend ainsi, une fois au pouvoir, faire adopter une loi sur le climat, un «pacte économique qui touchera tous les pans de la société québécoise», afin de mener le Québec vers une économie carboneutre et atteindre «les cibles imposées par la science».