«On est prêt à renégocier l'entente générale sur la rémunération tout en sachant que le gouvernement va demander un report ou un étalement des augmentations prévues cette année et l'an prochain», a indiqué, hier, au Soleil, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin

Liste d'attente: le cas d'Yves Bolduc «particulier», dit la Fédération

Le cas du Dr Yves Bolduc, qui a renvoyé 1500 patients sur une liste d'attente 19 mois après avoir empoché une généreuse prime pour leur prise en charge, est très loin d'être la norme, insiste la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Jusqu'à maintenant, on n'avait jamais eu de problème avec ça, indique le président de la Fédération, le Dr Louis Godin. Chez les gens qui avaient pris beaucoup de patients, c'est la première fois où on nous rapporte une situation où le médecin, à très court terme, a dû arrêter. Là, on a la situation du Dr Bolduc. Mais il faut faire attention. Il ne faut pas, à partir d'une situation particulière, remettre en question quelque chose qui fonctionnait somme toute très bien.»
Les émoluments perçus lors du retour à la pratique de M. Bolduc, actuel ministre de l'Éducation, pendant son séjour dans l'opposition, ont fait jaser à l'Assemblée nationale, cette semaine. En plus de son salaire de député et de médecin rémunéré à l'acte, il a obtenu 215 000 $ pour la prise en charge de 1500 patients, retournés sur une liste d'attente après sa nomination au conseil des ministres, 19 mois plus tard. Selon le PQ, il est «immoral» que M. Bolduc ait touché cet incitatif et il devrait rembourser la somme.
Le président de la FMOQ ne veut pas commenter le cas de M. Bolduc. «Je lui laisse vous expliquer pourquoi il a pris autant de patients et qu'il a quitté après, dit-il. Ça lui appartient.»
Entente modifiée
Il note par contre que l'entente dont s'est prévalu M. Bolduc à bon droit à l'époque a été modifiée depuis et ne permettrait plus une répétition de ce cas. Des changements ont été apportés notamment pour «éviter les quelques situations où on a eu des gens qui ont pris beaucoup, beaucoup de patients», dit M. Godin. Une limite de 150 nouveaux patients par année a été fixée, entre autres choses. Et les médecins ont moins de marge de manoeuvre pour choisir leur patient.
Les sommes versées en incitatif étaient comprises dans les augmentations globales octroyées aux médecins, précise le président de la FMOQ. Elles ont été dédiées à la prise en charge de patients parce qu'il s'agissait d'une priorité. Elles auraient été versées aux médecins de toute façon. Cela aura coûté 16 millions $ pendant huit mois en 2011-2012, 34,5 millions $ en 2012-2013 et le financement récurrent prévu par la suite est de 24,3 millions $, selon les chiffres fournis par le ministre de la Santé.
«On est ouverts à regarder l'entente, mais elle a déjà été modifiée, elle fonctionne bien, elle évite les situations qui pourraient paraître abusives et offre de la flexibilité pour faire face à différentes situations», plaide le président Godin.
Il insiste pour que les effets positifs en lien avec les incitatifs ne soient pas occultés par un cas spécifique. «On a dû faire certains ajustements, mais la lettre d'entente a fonctionné énormément, dit le président de la FMOQ. On a eu plus de 4000 médecins qui ont pris de nouveaux patients pendant cette année-là. [...] Les augmentations données aux médecins ont été négociées de bonne foi et il faut arrêter de mettre tous les maux du système de santé sur le dos des augmentations données aux médecins.»