Jean-François Lisée

Lisée trébuche sur le All Lives Matter

L'aspirant chef péquiste Jean-Francois admet avoir cafouillé en félicitant le membre du groupe The Tenors pour son appui au mouvement All Lives Matter inséré dans l'hymne national canadien.
Rares sont les occasions où le député de Rosemont manque de mots. Ça a pourtant été le cas lorsqu'il s'est expliqué au Soleil sur son gazouillis de mercredi sur le réseau social Twitter. Retiré depuis, le message encensait le membre du groupe qui a modifié l'Ô Canada pour y glisser «All Lives Matter», mardi, lors du match des étoiles du baseball majeur à San Diego.«Moi, je les félicite! a écrit M. Lisée au sujet des Tenors. L'heure est à la solidarité avec les victimes de violence.»
Pour plusieurs, All Lives Matter est un mouvement pro-blanc qui prend à contrepied le slogan Black Lives Matter, une incarnation de la grogne de la communauté noire américaine envers le racisme et le profilage racial à son endroit.
Pris à parti par différents internautes, M. Lisée a reconnu après un court débat qu'il était «dans l'erreur au sujet des Tenors». Il a même fait amende honorable auprès de ses lecteurs anglophones. «I really blew it about the Tenors! Sorry about that.»
Contacté par Le Soleil, le candidat à la chefferie a d'abord rechigné à commenter. «Tout est là», a-t-il dit, invoquant le manque de sommeil. «Je comprends très bien, a-t-il ajouté. J'ai fait une gaffe. Je l'ai corrigée. C'est tout.»
Étonné que le faux-pas puisse justifier la rédaction d'un article, le député de Rosemont a été plus loin. «C'est sûr que j'appuie Black Lives Matter depuis le début, a indiqué M. Lisée. Je suis au courant de la controverse. Je suis de très près la politique américaine. Je suis très sensible aussi aux victimes policières de Dallas. Je suis très peiné par la spirale de violence.»
Il peine à expliquer ce qui l'a amené à rédiger le gazouillis controversé. «Sur les Tenors, j'ai... Comment dire... Je me suis trompé. Je n'ai pas correctement lu... J'ai tweeté trop vite. J'ai tweeté plus vite que ma réflexion. Voilà.»
L'intention de base part de la volonté d'exprimer sa sympathie envers tous ceux qui sont victimes de violence. «C'est un petit peu ça, affirme M. Lisée. Mais j'aurais dû m'attacher davantage au contexte, au poids des mots. Je ne me suis pas correctement informé sur le contexte. Donc, on me l'a signalé... Ça fait partie de la vie.»