Élu chef du Parti québécois le 7 octobre dernier, Jean-François Lisée pourra, dès septembre prochain, mesurer si son travail est approuvé par les membres de sa formation. 

Lisée sera soumis à un vote de confiance

Fraîchement élu à la tête du Parti québécois (PQ), le nouveau chef Jean-François Lisée affrontera un vote de confiance de ses militants l'automne prochain.
Le 17e congrès national du PQ de septembre prochain sera l'occasion de mesurer, presque un an après son élection, l'appui que les membres péquistes ont envers leur nouveau patron. 
«M. Lisée tient à un vote de confiance», a affirmé au Soleil Bruno-­Pierre Cyr, attaché de presse du chef péquiste. «Il n'y aura pas de faux-fuyant. M. Lisée veut faire respecter les statuts.» 
Les statuts du PQ prévoient à leur article 22 qu'un vote de confiance secret à l'endroit du chef doit se tenir lors «du premier congrès national qui suit la tenue d'une élection générale au Québec». 
Pendant la parenthèse Pierre Karl Péladeau, de mai 2015 à mai 2016, il a été question que celui-ci échappe à l'exercice. Deux interprétations de l'article s'affrontaient. Selon l'une d'elles, comme il n'était pas le chef ayant participé à la dernière élection, il n'aurait pas à se soumettre à un vote de confiance. Mercredi, la question n'avait pas toujours pas été tranchée au PQ lorsque Le Soleil a appelé. La course à la direction a retardé le débat sur cet enjeu, a-t-on expliqué. 
Mais le chef Lisée, lui, a pris sa décision. Il entend faire face à la musique et demander aux militants de lui renouveler leur confiance. 
«Les statuts seront respectés, a assuré M. Cyr. Il va y avoir un vote.»
Exercice risqué
L'exercice comporte sa part de risques. Mais le pari pourrait s'avérer payant pour le nouveau chef. Malgré sa victoire importante d'octobre, il n'a obtenu l'appui que de 50,63 % des membres et a eu besoin de deux tours pour y parvenir. Un résultat comme celui obtenu par Pauline Marois en 2011, 93 %, serait de nature à conforter, voire renforcer la légitimité de son leadership. Un plébiscite de sa première année de règne.
Mais l'inverse est aussi vrai. Parlez-­en à Bernard Landry qui, en 2005, s'est senti l'obligation de démissionner après avoir reçu comme une gifle au visage ses 76,2 % d'appui. Lucien Bouchard s'était aussi senti humilié par le 76,7 % obtenu en 1996. 
Il demeure qu'à un an des prochaines élections, le PQ sera mal placé pour affaiblir son chef ou risquer - scénario difficile à imaginer - une troisième course à la chefferie pendant le mandat. 
Le congrès de septembre sera aussi l'occasion pour les membres du PQ de montrer leur adhésion au plan d'accession à la souveraineté de leur nouveau chef. Ils devront adopter la «proposition principale» une suggestion de programme électoral. Celle-ci comprend notamment une modification de l'article 1 du PQ qui reporte à un deuxième mandat la tenue d'un référendum, après l'élection de 2022. Les plus pressés mécontents de la position du nouveau chef en matière d'indépendance verront-ils dans le vote de confiance une occasion de lui passer un message?
Cette proposition principale sera présentée à des délégués péquistes au cours de la fin de semaine, à Québec, dans le cadre d'un conseil national. Elle sera ensuite renvoyée dans les instances locales qui pourront suggérer des modifications, lesquelles seront soumises au vote au congrès de l'automne.