Les indépendantistes catalans ont décidé de descendre dans la rue pour réclamer le droit de voter.

Lisée dénonce la «violence d'État» de l'Espagne

Le chef péquiste Jean-François Lisée dénonce la «violence d'État» que l'Espagne exerce à l'endroit de la Catalogne afin d'empêcher ses citoyens de s'exprimer sur l'indépendance de leur région. Il invite le premier ministre Philippe Couillard à lui emboîter le pas.
Jusqu'ici, les membres du gouvernement québécois, tout comme le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ont d'abord et avant tout invité Madrid et Barcelone à s'entendre.
À l'instar de la solidaire Manon Massé et de la bloquiste Martine Ouellet, M. Lisée insiste pour dire qu'il ne s'agit pas de se prononcer pour l'indépendance de la Catalogne, mais de faire valoir que les Catalans ont le droit de voter démocratiquement.
Depuis des mois et des semaines, Madrid déploie un arsenal judiciaire et policier pour empêcher la tenue du référendum organisé par Barcelone le 1er octobre. La constitution espagnole ne prévoit pas une telle possibilité, rappelle constamment le premier ministre de l'Espagne, Mariano Rajoy.
«Nous ne nous prononçons pas sur le fait que les Catalans doivent dire oui ou non, a assuré le chef du Parti québécois. Mais empêcher par la force policière la tenue d'une consultation par un gouvernement élu en Catalogne, c'est inacceptable et ça doit être dénoncé.»
«Et ça doit être dénoncé en particulier par les gouvernements et les peuples qui sont historiquement proches des Catalans, ce qui est le cas du gouvernement du Québec», a dit Jean-François Lisée.
Il demande à la ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, et à Philippe Couillard «d'être pour la démocratie et contre la violence d'État».
Un meilleur modèle?
Est-ce qu'à rebours le modèle canadien lui paraît meilleur? «Le meilleur modèle d'entre tous, c'est celui que l'Écosse et l'Angleterre ont fait ensemble, c'est-à-dire de s'entendre sur le processus et d'admettre que le résultat sera effectif», a répondu M. Lisée.
À ses yeux, «si Madrid était au XXIe siècle, et si le Canada était au XXIe siècle lors du prochain référendum» québécois, c'est ce modèle qui serait adopté.
«Nous ne nous immiscerons pas dans un processus d'un autre pays», a affirmé Christine St-Pierre tout en appelant à une solution pacifique. La position de Québec est semblable à celle d'Ottawa, laquelle est semblable à celle des États européens, qui se tiennent le plus en retrait possible des événements se déroulant en Catalogne.
Tout en refusant de se prononcer sur la situation spécifique de la Catalogne et de l'Espagne, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rappelé, de façon générale, qu'il reconnaissait le droit à l'autodétermination. Christine St-Pierre a prudemment dit qu'arrêter des dirigeants indépendantistes catalans n'était peut-être pas la meilleure voie à emprunter.
Les choses pourraient évoluer pour certains gouvernements en Europe, compte tenu des arrestations de hauts responsables du gouvernement catalan, mercredi.
Madrid «a suspendu de facto l'autonomie de la Catalogne et appliqué de facto un état d'urgence», a déclaré le président catalan, Carles Puigdemont. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a répété que tous ont «l'obligation de respecter la loi», y compris les autorités catalanes.