Jean-Francois Lisée affirme qu'il jugeait inacceptable que des employés du secteur public puissent être congédiés en raison du port d'un symbole religieux.

Lisée aurait démissionné plutôt que d'appuyer la charte des valeurs

Jean-François Lisée a désavoué, mercredi, le défunt projet de charte des valeurs de son collègue Bernard Drainville.
Six mois après la défaite du gouvernement minoritaire de Pauline Marois et le naufrage du projet de charte, le candidat putatif à la direction du Parti québécois prétend qu'il avait de fortes objections à l'égard du projet de loi 60.
En point de presse, le député de Rosemont a déclaré qu'à défaut d'un assouplissement majeur dans les dispositions de la charte, il n'aurait pas hésité à quitter ses fonctions de ministre en guise de protestation.
M. Lisée affirme qu'il jugeait inacceptable que des employés du secteur public puissent être congédiés en raison du port d'un symbole religieux. Pour cela, il recommandait l'inclusion d'une clause de droits acquis qui aurait épargné les travailleurs déjà en poste. Seuls les nouveaux employés auraient été soumis aux exigences strictes de laïcité édictées par la charte.
Mais l'ancien ministre responsable de la région de Montréal ne semblait pas s'émouvoir du sort des employés lorsqu'il défendait publiquement le projet de charte aux côtés de M. Drainville.
À l'automne 2013, il cosignait une lettre dans le New York Times avec le ministre responsable dans laquelle il faisait l'apologie de la charte, en la comparant au concept du «mur entre l'État et la religion», attribué à l'ancien président américain Thomas Jefferson.
Il écrivait que «le fait de demander aux employés de la fonction publique de ne pas porter de signes ostentatoires pendant qu'ils sont au travail» constituait la suite logique du processus de laïcisation en cours au Québec depuis les années 60.