Gabriel Nadeau-Dubois ne partage pas la conviction du premier ministre Philippe Couillard selon laquelle le Québec est libre dans les faits et qu'il est libre de ses choix.

Libre de rejeter Énergie Est? demande GND

«Si le Québec est déjà libre, alors j'imagine qu'il est libre de refuser le projet de pipeline Énergie Est?» lance le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois en entrevue avec Le Soleil.
Il ne partage pas la conviction du premier ministre Philippe Couillard selon laquelle le Québec est libre dans les faits et qu'il est libre de ses choix.
«J'attends que Philippe Couillard fasse la démonstration que le Québec a la pleine autonomie sur son territoire», dit le député de Gouin en notant que les Québécois sont majoritairement contre ce projet. Le gouvernement de M. Couillard ne le voit pas non plus d'un très bon oeil.
Gabriel Nadeau-Dubois se félicite que le chef libéral reconnaisse «la capacité qu'a le Québec de s'autodéterminer» lorsqu'il affirme qu'il «est libre de ses choix». Il estime que M. Couillard «a souvent paru hésitant sur cette question».
Mais «si on est sérieux un instant», on voit bien qu'«au quotidien, l'État du Québec ne peut pas prendre pleinement ses décisions». Outre le pipeline, le député évoque le secteur du fromage québécois, qui pâtira selon lui de l'accord intervenu entre le Canada et l'Union européenne. Il note que le Québec n'a pu obtenir satisfaction en la matière.
«On ne peut pas dire aujourd'hui que le Québec est libre de faire tous ses choix», constate-t-il.
Pour Gabriel Nadeau-Dubois, les Québécois avaient sans doute besoin d'une caution extérieure en 1967. Sans doute avaient-ils besoin de se faire dire «qu'ils avaient le droit de rêver à l'autodétermination». Mais, «cinquante ans plus tard, on est maintenant ailleurs», dit le jeune député de 27 ans.
Au cours des 50 dernières années, «le Québec a cheminé vers la maturité politique», se réjouit-il. Pour lui, cependant, seule la souveraineté permettrait de l'approfondir.