Pierre Lefebvre a accédé au poste de pdg de l'Agence des PPP en 2005 et a de nouveau été nommé secrétaire en titre du Trésor le 23 juin dernier.

L'ex-patron des PPP conserve son salaire de 232 723$

Pierre Lefebvre a laissé l'Agence des partenariats public-privé, mais pas son salaire. Il continuera de toucher 232 723 $ annuellement, ce qui en fait le second plus haut salarié de la fonction publique, avec environ 40 000 $ de plus que son nouveau patron au Conseil du trésor.
M. Lefebvre vient du secteur privé, qu'il a quitté en 2004. Il a alors été embauché comme secrétaire associé au Conseil du trésor, au salaire de 155 142 $. En avril 2005, il a accédé au poste de pdg de l'Agence des PPP, et à une rémunération de 215 000 $. Depuis, il a eu droit à une majoration totalisant 8,2 %.
Le 23 juin, le Conseil des ministres de Jean Charest a de nouveau nommé M. Lefebvre secrétaire associé au Trésor, en préservant ses conditions salariales. Denys Jean a été désigné par la même occasion secrétaire en titre du Trésor. Celui-ci a droit à 36 883 $ de moins que son subalterne.
Chez les mandarins qui dirigent les ministères de l'État québécois, le secrétaire général Gérard Bibeau est le mieux payé, avec des émoluments de 235 008 $. À titre de comparaison, le premier ministre Jean Charest reçoit 175 045 $; ses ministres, 149 429 $.
La secrétaire générale associée à la communication gouvernementale, Marie-Claire Ouellet, a indiqué au Soleil que c'est une «pratique établie» de ne jamais rétrograder de salaire un haut fonctionnaire. «Ça ne s'est pas souvent vu, en tout cas», a-t-elle laissé tomber.
Augmentation substantielle
M. Lefebvre avait reçu une augmentation substantielle à son arrivée à l'Agence parce qu'il s'agissait d'un nouvel organisme dans un domaine que privilégiait le gouvernement Charest, a expliqué la sous-ministre. Sa nouvelle affectation l'amène maintenant dans un «ministère stratégique, dans le contexte des négociations» qui débutent avec les employés de l'État, a poursuivi Mme Ouellet.
«Je le trouve bien chanceux», a commenté avec un brin d'ironie la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau. «Je ne peux être contre le fait [de préserver la paye d'une personne que le gouvernement employeur mute à un nouveau poste]. Mais il devrait appliquer cela à toute la fonction publique.»
Mme Martineau a fait valoir «qu'en bas de la pyramide», les choses se passent différemment. Le salaire n'est pas protégé si un fonctionnaire décide de changer de poste. Plus injuste, a repris Mme Martineau, un employé occasionnel qui accède à la permanence recommence au bas de l'échelle.
Le successeur de Pierre Lefebvre profitera des conditions offertes à ce dernier.  
Normand Bergeron avait été embauché aux Ressources naturelles avec une rémunération de 155 142 $, en 2005. Il recevra dé-sormais lui aussi 232 000 $. Or, l'Agence est créée depuis quelques années et le gouvernement, selon plusieurs observateurs, délaisse la formule des PPP.
Les affectations de MM. Lefebvre, Jean et Bergeron s'inscrivent dans un vaste remaniement sous-ministériel qui est survenu fin juin. De nombreux changements de paye ont accompagné les changements d'affectation.
Ainsi, Marie-Claude Champoux s'est fait confier une nouvelle mission. L'ex-attachée de presse du premier ministre avait hérité d'un contrat comme sous-ministre associée à l'Éducation.
Sa rémunération passe de 139 000 $ à 159 079 $ en accédant à un poste semblable, accompagné, cette fois, d'une permanence, mais au ministère de la Santé. L'écart salarial se justifie par des «responsabilités qui sont plus complexes», a fait valoir Marie-Claire Ouellet.