Marc Ranger, du Syndicat canadien de la fonction publique

Les syndicats municipaux veulent «débarquer» le PLQ

Révoltés par l'approche «antitravailleur» du «pire gouvernement depuis Maurice Duplessis», les syndicats municipaux promettent de tout faire pour «débarquer les libéraux» aux élections de 2018.
L'adoption cette semaine du projet de loi 110 sur les relations de travail dans les municipalités a été la goutte qui a fait déborder le vase. Le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, en parle comme d'une «arme nucléaire» dans le monde municipal.
«En 2018, on va travailler à faire en sorte qu'un gouvernement antitravailleurs soit battu par tous les moyens possibles», a déclaré M. Ranger. Pour lui, la Coalition avenir Québec ou le Parti libéral, «c'est bonnet blanc, blanc bonnet». Les syndicats ne semblent pas vouloir tirer profit des élections partielles du 5 décembre pour exprimer leur colère.
«Inconstitutionnelle»
Le projet de loi 110, qui prévoit qu'en fin de compte, le gouvernement du Québec pourra décréter les conditions de travail des fonctionnaires municipaux, sera contesté devant les tribunaux. «C'est une loi injuste et inconstitutionnelle», affirme Denis Bolduc, président du SCFP-Québec. «Elle porte atteinte au droit de grève des travailleurs et ne respecte pas les chartes, notamment en ce qui concerne la libre négociation.»
La loi permettrait, par exemple, au maire Régis Labeaume d'empêcher la tenue d'une grève légale pendant le Tournoi international de hockey pee-wee, illustre M. Ranger. «Là, le maire Labeaume va avoir une ligne directe avec le ministre des Affaires municipales pour dire : "Écoute, ça menace quelques matchs de hockey, il faut que tu interviennes", affirme M. Ranger. Il y a des limites.»
Richard Fortin, coordonnateur de la Fédération des employé(e)s de services publics (FEESP-CSN), prévient que la loi va forcer les syndicats à enclencher des moyens de pression plus tôt dans les processus de négociation. «Ça, ça va être extrêmement dommageable, a dit M. Fortin. [...] Il y a des citoyens qui vont subir des conflits à cause» de cette loi. Il déplore que les spécialistes de négociation du ministère du Travail aient été exclus des consultations au profit des gens des Affaires municipales. 
Les syndicats contestent aussi la loi 15, qui force la restructuration de leurs régimes de retraite.