Depuis 2008, au total, les abonnés ont payé en trop 1,4 milliard $ pour de l'électricité jamais consommée, une information confirmée mercredi par la société d'État.

Les sommes perçues en trop par Hydro bénéficieront aux clients

Maintenant que l'équilibre budgétaire a été atteint, les sommes perçues en trop par Hydro-Québec serviront à limiter les hausses de tarif d'électricité, assure le ministre Pierre Arcand.
Depuis 2008, Hydro-Québec surestime ses coûts annuels lorsqu'elle dépose une demande de hausse de tarif devant le Régie de l'énergie. Si bien qu'en bout d'année, la société d'État a pris trop d'argent dans les poches de ses abonnés. En neuf ans, les trop-perçus ont totalisé la coquette somme de 1,4 milliard $.
«Il n'y a rien de nouveau là-dedans, a commenté mercredi le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand. (...) On n'a jamais caché le fait qu'il y avait des trop-perçus.»
Année après année, Hydro-Québec a versé les trois quarts de ce surplus directement au gouvernement, qui l'a dépensé à sa guise. En 2014, la Régie de l'énergie a approuvé un mécanisme pour que les abonnés en bénéficient.
Or, dans son budget de la même année, Québec a exigé que ces sommes continuent à lui être versées, tant et aussi longtemps que l'équilibre budgétaire n'était pas atteint. Le déficit zéro a été confirmé lors de la mise à jour économique de l'automne dernier, indique le ministre.
«Maintenant, l'équilibre budgétaire étant atteint, cette question des trop-perçus va cesser et ils seront retournés au consommateur», a assuré le ministre Arcand. Mais il n'est pas question d'envoyer un chèque à chaque client. «Il va y avoir une incidence sur les tarifs futurs, a poursuivi le ministre. Ce que l'on souhaite, c'est que l'impact sera bénéfique sur les tarifs pour les consommateurs.»
En somme, lorsque la Régie de l'énergie fixera le tarif chargé par Hydro-Québec, elle tiendra compte dans son calcul des trop-perçus de l'année précédente. Cela devrait logiquement avoir un effet à la baisse sur le tarif demandé.
Un porte-parole d'Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty, martèle que les abonnés ont payé un juste prix pour leur électricité. Chaque année, explique-t-il, les évaluations de la société d'État ne se trompent que d'environ 1% sur un budget de 12 milliards $. M. Batty justifie les erreurs dans les estimations par une meilleure productivité chez Hydro-Québec qui permet d'économiser des sommes par rapport aux projections initiales.
Remboursement des abonnés
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a plaidé en faveur d'un remboursement des abonnés. «C'est une pratique qui ne devrait pas exister, a dit M. Lisée. On achète de l'électricité, on en veut pour notre argent. Ni plus ni moins.» La pratique a toutefois eu cours sous le gouvernement de Pauline Marois. La ministre des Ressources naturelles de l'époque, Martine Ouellet, aujourd'hui députée indépendante et chef bloquiste, dit n'en avoir aucun souvenir.
À la Coalition avenir Québec, qui a ramené l'affaire dans l'actualité, le chef François Legault doute qu'Hydro-Québec puisse se tromper systématiquement chaque année. Il s'agit à son avis d'une «taxe déguisée». «Moi, je ne serais pas surpris qu'il y ait un recours collectif contre Hydro-Québec», a dit M. Legault.