Un père et sa fille manifestent à l'aéroport de Seatte.

Les résidants permanents au Canada peuvent aller aux États-Unis

Le ministre de l'Immigration du Canada a déclaré dimanche que les résidants permanents canadiens originaires des sept pays à forte majorité musulmane dont les citoyens sont visés par une interdiction de séjour aux États-Unis peuvent toujours se rendre chez l'Oncle Sam.
En conférence de presse, Ahmed Hussen a dit que la Maison-Blanche avait donné des assurances au gouvernement canadien que ceux qui détenaient une carte de résidence permanente valide et un passeport d'un des sept pays touchés par le décret-loi signé par le président Donald Trump, vendredi, auront toujours l'autorisation d'entrer aux États-Unis.
Ceux qui ont une double citoyenneté et un passeport canadien peuvent eux aussi se rendre chez nos voisins du sud.
Samedi, les informations à ce sujet semblaient contradictoires. Un représentant du département d'État avait déclaré que les Canadiens ayant aussi la citoyenneté de l'Iran, de l'Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan, de la Syrie et du Yémen étaient interdits de séjour au cours des trois prochains mois aux États-Unis. Plus tard, le cabinet du premier ministre Justin Trudeau, a envoyé un courriel pour dire que les États-Unis ont donné l'assurance que les Canadiens à double citoyenneté ne seront pas renvoyés à la frontière.
M. Hussen a dit que son ministère avait gardé le contact avec des officiels américains pendant tout le week-end.
Le conseiller à la sécurité nationale du premier ministre, Daniel Jean, a indiqué que le gouvernement n'avait pas été consulté par l'administration Trump avant la publication du décret. Il dit même avoir appris son existence par l'entremise des médias.
Selon lui, le gouvernement américain n'a pas compris toutes les conséquences de sa décision.
Le ministre Hussen a aussi annoncé que le Canada accueillera temporairement toute personne bloquée au pays en raison de la décision américaine. Il a toutefois fait observer qu'il n'y avait aucune personne dans cette situation dans les aéroports du pays.
Ces développements ont semblé soulager plusieurs personnes ayant des liens avec les pays placés sur la nouvelle liste noire.
«Après quelques jours de frustration au sein de notre communauté, enfin des nouvelles promettantes», a déclaré le président du Congrès iranien du Canada, Bijan Ahmadi.
Il s'est dit heureux d'apprendre que les citoyens binationaux et les résidants permanents pourront toujours se rendre aux États-Unis, mais il espère maintenant que les autorités canadiennes dénonceront la nouvelle politique américaine.
«Notre organisation condamne cette politique. Et nous croyons que tous les politiciens du Canada - de tous les partis - devraient la condamner également», a-t-il souligné.
Un journaliste a demandé au ministre pourquoi il ne l'avait pas fait.
«Chaque pays a le droit de déterminer ses politiques. Je ne peux dire que, conformément à notre longue tradition, nous continuerons à être ouverts à ceux qui demandent asile», a répondu M. Hussen.
Le secteur technologique canadien veut des visas pour les gens exclus par Trump
Une lettre signée par des acteurs du secteur technologique canadien appelle le gouvernement fédéral à offrir des visas aux gens dont l'avenir est mis en suspens par les interdictions d'accès aux États-Unis décrétées par le président Donald Trump.
L'idée de la lettre a été lancée par le groupe Technologies sans frontières. Elle salue le message du premier ministre Justin Trudeau selon lequel le Canada demeurera une terre d'accueil pour les gens de toutes origines.
Mais la missive appelle à en faire plus, et réclame un visa qui permettrait aux gens déplacés de vivre et de travailler au Canada, et de bénéficier de prestations jusqu'à ce qu'ils puissent compléter le processus de requête pour la résidence permanente si tel est le choix qu'ils font.
Jennifer Moss, qui a cofondé une entreprise technologique établie à Waterloo, en Ontario, et qui agit comme porte-parole de Technologies sans frontières, a affirmé que ce visa pourrait aider les gens qui oeuvrent dans le secteur technologique aux États-Unis, mais qui ne peuvent pas reprendre le travail.
Mme Moss a indiqué que le groupe s'était formé en moins de 24 heures en réaction au décret signé par M. Trump qui interdit aux citoyens de sept pays à majorité musulmane d'entrer aux États-Unis.
Le groupe a souligné que la lettre avait été signée par de hauts responsables au Canada pour Shopify, Google et Facebook.