En commission parlementaire, Régis Labeaume a abondamment référé à un rapport de 2008 cosigné par l'ancien maire Jean-Paul L'Allier «le père de la démocratie municipale», dans lequel il plaidait pour davantage de consultation citoyenne plutôt que des référendums. 

Les référendums sont «antidémocratiques», dit Labeaume

Les référendums par lesquels des citoyens peuvent bloquer un projet immobilier sont rien de moins «qu'antidémocratiques», a martelé mardi le maire de Québec, Régis Labeaume devant les députés de l'Assemblée nationale en commission parlementaire sur le projet de loi 122.
De tous les articles contenus dans cette pièce législative de 77 pages portant sur l'autonomie des municipalités., M. Labeaume a consacré l'essentiel de sa présentation au point sur l'abolition des référendums. «Il est possible sans approbation référendaire de développer le territoire de façon démocratique», a-t-il plaidé.
Régis Labeaume a abondamment référé à un rapport de 2008 cosigné par l'ancien maire Jean-Paul L'Allier «le père de démocratie municipale», dans lequel il plaidait pour davantage de consultation citoyenne plutôt que des référendums.
La mécanique référendaire, a dit M. Labeaume, peut permettre à une trop faible quantité de citoyens de bloquer un projet. «Seuls les opposants organisés à un projet peuvent se manifester et exercer leur droit de veto», a dit le maire de Québec.
Cette façon de faire «élude l'appui que peuvent recevoir les projets par la majorité des citoyens», a-t-il ajouté. «Pour toutes ces raisons, nous croyons que l'utilisation de la voie référendaire par la minorité est un geste antidémocratique».
Le maire et la vice-présidente du comité exécutif Julie Lemieux, ont cité comme exemple l'Ilôt Irving, rue Saint-Jean, rejeté par référendum en 2012. Le projet finalement revu, accepté et maintenant construit avec 82 unités ne contient plus de logements sociaux, a déploré M. Labeaume. Il a blâmé la peur des hauteurs et des dossiers qui ont pris une tournure «politique». «Si tu veux densifier, ce n'est pas vrai que deux étages de plus tu atrophies un quartier», a-t-il tranché en martelant sa volonté de densifier la Ville de Québec, une «vision» sur laquelle son administration a été élue «pas 75 à 80% des gens».
«Diagnostic» de l'Institut du Nouveau Monde
L'idée d'abolir les référendums devait initialement être comprise dans le projet de loi sur le statut de capitale nationale pour Québec. Le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux a par la suite préféré inclure une telle disposition dans le projet de loi 122, qui touche toutes les municipalités, au-delà du simple cas de Québec.
Les deux élus municipaux ont aussi rappelé aux parlementaires avoir mandaté en août l'Institut du Nouveau Monde pour «réviser et bonifier ses façons de faire» en matière de consultation citoyenne.
Le rapport n'est pas encore rendu public, mais un de ses «diagnostics» est que la politique de consultation de Québec «a pris de l'âge», a dit Julie Lemieux. Le nombre trop restreint de citoyens intéressés par les conseils de quartier sera aussi à examiner, a-t-elle donné en exemple. «On peut faire beaucoup mieux», a ajouté l'élue. 
Maltais «ambivalente»
La député péquiste Agnès Maltais s'est dite «ambivalente» sur la position des représentants de la Ville de Québec alors que seulement cinq projets se sont rendus à l'étape référendaire depuis quinze ans. «Pourquoi on le garde s'il y en a eu cinq? Ça doit pas être si utile», a répliqué Régis Labeaume. Au-delà des référendums comme tels, la simple «menace» de se rendre à cette étape peut nuire au développement, a-t-il avancé.
Mme Maltais a aussi demandé de «rassurer les gens» et dire si les
les conseils de quartier pourraient par exemple disparaître. «Non, c'est nécessaire», a assuré le maire.
Le Regroupement des conseils de quartier de la ville de Québe sera entendu par les députés mercredi à 15h45.