Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

Les propos controversés de Jean Tremblay sur Sylvain Gaudreault condamnés

Tous les parlementaires de l'Assemblée nationale, du gouvernement comme de l'opposition, condamnent les propos du maire de Saguenay, Jean Tremblay, à l'endroit du péquiste Sylvain Gaudreault. Tous, sauf son voisin de circonscription, le libéral Serge Simard.
Jeudi, au caucus des élus du Parti libéral du Québec (PLQ), M. Simard n'a jamais voulu blâmer le maire qui a lancé, à la suite du grave accident de vélo qu'a subi le député de Jonquière, que «si on avait eu de l'argent pour réparer [les chaussées dans] les rangs, comme on le lui a demandé, ça lui aurait peut-être donné une chance». Jean Tremblay faisait allusion au fait que M. Gaudreault a été ministre des Transports sous Pauline Marois.
«Écoutez, tout le monde connaît le maire Tremblay», a servi en guise de commentaire M. Simard, l'élu de Dubuc. «Il a donné son opinion. Quelquefois, la façon dont il donne l'opinion, ça ne fait pas l'affaire de tout le monde. Il a donné son opinion. C'est son opinion.»
Serge Simard n'a jamais voulu donner la sienne sur l'affaire. «C'est regrettable qu'il soit tombé. [...] En réalité, on ne souhaite pas ça à personne. Surtout une mauvaise chute comme celle-là.»
La veille, le controversé maire a souligné qu'il avait essuyé un refus catégorique quand il avait demandé une subvention pour réparer la route au ministre Gaudreault. «Il n'y a pas de responsabilité» à attribuer pour l'accident, a répondu le député libéral.
Curieux lien avec PKP
«Quand on fait du vélo, vous comprendrez que tout le monde tombe à vélo. Sauf que lorsqu'on est député et connu comme M. Gaudreault, c'est sûr que les médias s'emparent de cela. D'autant plus qu'un de ses collègues venait de tomber», a-t-il poursuivi en faisant curieusement un lien avec un autre cycliste qui s'est aussi retrouvé à l'hôpital après une chute, le député péquiste de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau.
Questionnés par les médias, les autres élus ont, eux, jugé que Jean Tremblay a dérapé. Pierre Moreau, titulaire du portefeuille des Affaires municipales, «pense que ces propos ne sont pas appropriés».
«L'attaque sur M. Gaudreault est tout à fait inappropriée», a laissé tomber l'actuel ministre des Transports Robert Poëti. «Je pense surtout à M. Gaudreault qui a été blessé sérieusement. Dans un deuxième temps, a souligné M. Poëti, chaque maire a un budget, une gestion à faire pour leurs routes.»
Stéphane Bédard, dont la circonscription de Chicoutimi touche aussi bien Dubuc que Jonquière, a mal pris la sortie du maire. «Ce n'est pas de l'animosité» que ressent le péquiste Bédard. «Aujourd'hui, nous avons une gêne profonde de ses commentaires. [...] Ça dénote un profond manque de jugement.
«L'idée n'est pas de savoir si c'est sa faute, mais voir comment va la victime, ce qu'on peut faire de plus, comment améliorer la sécurité des cyclistes, en général, sur les routes. Ce serait une façon beaucoup plus intelligente d'approcher la situation.»
Bernard Drainville, qui représente Marie-Victorin pour le PQ, croit que, dans les circonstances, le maire «devrait prendre le téléphone, appeler Sylvain et s'excuser, dire je suis allé trop loin, je suis désolé. La compassion et l'amour du prochain sont de très belles valeurs humaines».
Le vétéran de l'Assemblée nationale et député péquiste d'Abitibi-Ouest, François Gendron, n'a pu s'empêcher de s'esclaffer devant les mots de l'édile. «Ce n'est pas opportun. C'est complètement déplacé. C'est une remarque à la Jean Tremblay.»