Les municipalités réclament le tiers des revenus du cannabis

Parce qu’elles pensent avoir davantage de problèmes et de responsabilités sur les bras, les municipalités québécoises réclament le tiers des revenus du cannabis.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ont toutes deux plaidé vendredi pour un partage équitable des revenus du cannabis entre le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et les municipalités. Chacun des paliers devrait toucher le tiers des taxes exigées sur le produit selon les deux organisations municipales.

«On pense que la légalisation aura un impact important sur la machine municipale. Alors il n’est pas question qu’en bout de piste, les taxes municipales servent à financer une promesse fédérale», plaide en entrevue téléphonique Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’UMQ. 

Selon lui, les villes auront des dépenses de formation de policiers et d’achat de matériel pour appliquer la tolérance zéro cannabis sur les routes. Plusieurs services pourraient aussi être touchés, comme l’urbanisme. 


On pense que la légalisation aura un impact important sur la machine municipale. Alors il n’est pas question qu’en bout de piste, les taxes municipales servent à financer une promesse fédérale.
Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec

En commission parlementaire, Richard Lehoux, président de la FQM, a tenu sensiblement le même discours. Selon lui, il faudrait créer un espace de discussion entre Québec et les municipalités pour discuter «d’égal à égal» du partage des revenus et des responsabilités. 

Zonage

M. Lehoux s’inquiète aussi des endroits où les points de vente de la future Société québécoise du cannabis seront ouverts. Selon lui, le gouvernement doit discuter de zonage avec les municipalités, afin de s’assurer que les points de vente ne soient pas situés près des écoles par exemple. 

La FQM souhaite que le gouvernement amende son projet de loi et interdise de fumer du cannabis dans les parcs, les lieux publics, ou tout autre endroit où on ne peut pas boire de bière. 

L’UMQ croit quant à elle que cette question des endroits où ce sera permis de fumer relève des municipalités. «On est capables d’assumer nos responsabilités en ce qui concerne nos territoires», indique M. Cusson.

L’étude du projet de loi 157 encadrant le cannabis au Québec se poursuivra jusqu’à la mi-janvier.