En entrevue au Soleil, dimanche, François Gendron a admis que certains éléments de la loi sur les permis d'alcool étaient «vétustes» et «inappropriés». «Il y a énormément de nouveautés dans le secteur», a-t-il admis, ajoutant qu'il importait «de s'adapter».

Les lois sur l'alcool «désuètes», selon le ministre François Gendron

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, François Gendron, est d'avis que les réglementations entourant l'alcool au Québec sont désuètes. Il s'agit d'un secteur qui, selon lui, «mérite d'être revu rapidement sur le plan législatif».
En entrevue au Soleil, dimanche, François Gendron a admis que certains éléments de la loi sur les permis d'alcool étaient «vétustes» et «inappropriés». «Il y a énormément de nouveautés dans le secteur», a-t-il admis, ajoutant qu'il importait «de s'adapter».
M. Gendron a eu connaissance des représentations de l'Association des microbrasseurs du Québec (AMBQ), en juillet. L'Association réclamait alors l'appui du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation dans sa bataille contre la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), afin d'obtenir plus de flexibilité dans les règlements sur la vente de bière.
Changement de permis
Dans Le Soleil de lundi dernier, Catherine Dorion-Foster, membre du conseil d'administration de l'AMBQ et propriétaire de La Korrigane, plaidait entre autres pour un changement au permis de brasseur artisanal, qui oblige ses détenteurs à offrir des produits pour consommation sur place seulement. Elle mentionnait que les brasseurs artisanaux préféreraient eux-mêmes vendre leurs produits, directement à la brasserie, en vue d'une consommation à l'extérieur des murs de leur établissement. Mais on leur interdit de le faire. Les détenteurs du permis artisanal doivent plutôt passer par la Société des alcools du Québec, ou se doter du permis de brasseur industriel.
Le ministre Gendron ne s'est pas opposé à la possibilité d'acheter une bouteille à emporter dans les microbrasseries. Il s'est aussi dit ouvert à toute une série de changements par rapport à la consommation d'alcool dans la province, mais n'en a pas précisé la nature.
«Promouvoir nos talents»
Il a affirmé qu'il allait de soi, de par ses fonctions de ministre de l'Alimentation, qu'il se positionne comme un «allié» afin de promouvoir l'achat de produits de proximité. «Je dis toujours la même chose : il faut promouvoir l'ingéniosité, nos talents», a-t-il argué. «Est-ce qu'il y a des contraintes [d'accès aux produits]? La réponse est oui.»
François Gendron a toutefois rappelé que certaines modifications demandent l'implication du ministère de la Sécurité publique, dirigé par son collègue Stéphane Bergeron. Les permis d'alcool sont en effet octroyés par la RACJ, qui est sous la direction de la Sécurité publique.
Se gardant de jouer dans les plates-bandes de son collègue, M. Gendron a simplement laissé entendre qu'il serait prêt à lui faire part de ses suggestions le temps venu. «On regardera ça avec qui de droit.»
Le ministre Bergeron n'a pu être joint, dimanche.