Christian Goulet a dirigé le Centre des services partagés du Québec pendant à peine trois mois, avant de démissionner.

Les libéraux justifient l’indemnité de Christian Goulet

Le gouvernement Couillard dit ne pas avoir le choix de verser une indemnité de départ de 200 000$ au haut fonctionnaire Christian Goulet, même si celui-ci a dirigé le Centre des services partagés du Québec (CSPQ) pendant à peine trois mois, avant de démissionner.

Ancien haut dirigeant chez Bell, M. Goulet avait été recruté par le gouvernement de Pauline Marois en 2014 et a occupé différentes fonctions au sein du gouvernement. Il a été nommé pdg du CSPQ en avril dernier, mais à ce moment-là, il a omis de mentionner qu’il possédait des actions des compagnies Bell et CGI. Une situation qui aurait pu le mettre dans une situation de conflits d’intérêts, le CSPQ octroyant plusieurs contrats informatiques et de communication. 

Cette information a été portée à l’attention de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et a mené à la suspension de M. Goulet en juin.

Cet automne, un rapport d’enquête indépendant a toutefois statué que M. Goulet n’avait pas commis de geste illégal et n’avait en aucun cas favorisé Bell ou CGI lors de son passage à la tête du CSPQ. Selon Pierre Arcand, président du Conseil du trésor, M. Goulet a fait preuve «d’imprudence», mais il n’a pas commis «de faute lourde». 

Le gouvernement l’a donc invité à démissionner, mais il ne l’a pas congédié. Si bien que M. Goulet a le droit de toucher une indemnité qui équivaut à un an de salaire. Une façon de faire que M. Arcand juge «réaliste».

À boulets rouges

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont tiré à boulets rouges sur la décision du gouvernement. «M. Goulet a menti, M. Goulet a caché de l’information. Ça, ce n’est peut-être pas des motifs suffisants pour un gouvernement libéral, mais, pour le contribuable québécois qui va cracher le 200 000$ de prime, je pense que c’est un motif raisonnable», a lancé le caquiste Éric Caire. 

«Je n’essaie pas ici de vous dire que c’est extraordinaire, que c’est merveilleux, que c’est véritablement, là, une situation qui nous rend très heureux», a répliqué M. Arcand. Mais il soutient qu’il s’agissait de la «meilleure décision dans les circonstances». 

M. Goulet est une personnalité assez connue dans la région, ayant déjà été président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. 

Le gouvernement souhaite maintenant une relance du CSPQ, le deuxième plus important donneur de contrats publics au Québec. Il vient de nommer à sa tête Jacques Caron, un fonctionnaire de 30 ans d’expérience, qui a notamment travaillé au ministère des Finances.